Aout 2018


Les Microglosses


P.R. juin 2018
Piet Rozendaal
Sélection des photos: Dirk Loodts
Traduction : William Vanbeginne

Les cacatoès noirs sont composés de deux groupes bien distincts, groupe 1, le Microglosse (Probosciger aterrimus) provenant d’Indonésie, Nouvelle Guinée et le nord de l’Australie  et le groupe 2, les cacatoès noirs (Calyptorhynchus) qui tous, se retrouvent en Australie.
Le Microglosse, a une grande belle huppe qui est composée de plumes fines et un bec très puissant dont les mandibules inférieures et supérieures ne se joignent pas l’une sur l’autre lorsque le bec est fermé et dont la langue rouge avec la pointe noire est donc toujours bien visible.  Ce bec est pointu et coupant et extrêmement puissant pour casser les noix les plus dures, bien que l’intérieur est pour la plus grande partie creuse et fait penser à celui des grandes espèces d’aras.  La partie de peau nue sous les yeux est généralement d’un rouge pâle mais lorsque l’oiseau est alarmé ou excité elle peut se changer dans un beau rouge profond et fait rougir l’oiseau.  Avec un peu d’expérience suivant la couleur de la peau de la face il est possible de « lire » l’état de santé général de l’oiseau.  En opposition aux aras, les Microglosses peuvent à l’aide d’un éventail de plumes recouvrir cette partie de peau nue contre le soleil intense.  Cette partie de peau nue fait aussi un peu penser aux aras, c’est pourquoi Brehm (1866) dans ses livres « het leven der dieren » (la vie des animaux) employait précédemment le nom « Casmalos » qui correspond avec la dénomination employée antérieurement cacatoès Ara.

Wim Mattijs avec un Microglosse dans un parc à oiseaux.  Dans ce cas-ci les joues rouges nues sont couvertes par les plumes des joues.  Photo : E. Tack.

Leur récente évolution a eu lieu dans un climat plus humide et plus chaud et sous des circonstances totalement différentes que les autres cacatoès.  Pour cette raison, ils ont développé un comportement social, et des traits physiques tout à fait différents qui leur ont permis de survivre dans un milieu de forêts tropicales.  Les autres cacatoès noirs Australiens (Calyptorhynchus) ont en proportion un bec plus petit et leur tête est totalement recouverte de plumes.  De même leur huppe est significativement plus petite ou chez certaines espèces même rudimentaire.  Ces cacatoès noirs ont une plus grande ressemblance avec les cacatoès blancs (Cacatua).  Des recherches génétiques ont démontrées que les cacatoès noirs et blancs sont apparentés plus étroitement l’un à l’autre qu’au Microglosse. 
Chez les Microglosses au premier coup d’œil il semble que les mâles et femelles se ressemblent en apparence mais si l’on voit un couple ensemble, alors la femelle semble un peu plus petite et elle a le bec un peu moins massif de même que la partie nue de la face un peu plus petite.  Chez les autres cacatoès noirs, il y a un dimorphisme à l’aide de la couleur du plumage ou du patron des plumes de la queue et de la couleur du bec.  Chez les cacatoès blancs il n’y a pas de différence au niveau plumage malgré que chez certaines espèces la couleur des yeux peuvent donner une explication.
De plus, les Microglosses sont les habitants de forêts denses, de la forêt vierge tropicale, des forêts des savanes et en Australie également de forêts d’eucalyptus alors que les autres espèces de cacatoès noirs sont les habitants d’un paysage de forêts plus ouvertes et plus sèches avec leur végétation adaptée.  L’aire de répartition du Microglosse se situe en Indonésie sur le groupe d’îles Aru, dans les forêts tropicales des régions basses de la Nouvelle Guinée et quelques îles avoisinantes et ils y sont vus jusqu’à des hauteurs de 1300 m mais ils sont les plus nombreux dans les régions basses sous les 750 m.  Enfin on les retrouve dans le nord de l’Australie dans la péninsule Cap York dans le Queensland.

Une belle vue sur le bec unique, langue et joues.
Photo de et avec N. Rosseel

Il y a 3 sous-espèces qui sont décrites :

1° Probosciger aterrimus aterrimus qui est la forme nominale et qui se retrouve sur les îles Aru, sur l’île Papua de l’ouest Misool, au sud de la Nouvelle Guinée de Marauke jusqu’au Golfe de Papua et dans la péninsule Cape York en Australie.

2° Probosciger aterrimus goliath des îles Papua de l’ouest mais pas sur Misool, au sud de la Nouvelle Guinée depuis Vogelkop à l’est jusqu’au sud-est de la Nouvelle Guinée Papua.  Cette sous-espèce est beaucoup plus grande que la forme nominale.  Ils ne vivent pas séparés de ceux-ci mais se retrouvent dans certaines parties de la Nouvelle Guinée dans les mêmes régions.

3° Probosciger aterrrimus stenolophus des îles Yapen dans la baie Geelvink, au nord de la Nouvelle Guinée de la rivière Mamberamo vers l’est jusqu’à le baie Collingwood dans l’est de la Nouvelle Guinée Papua.  Cette espèce est de format égal au Goliath et la différence se voit dans les plumes de la huppe qui sont beaucoup plus fines  et pas plus courtes comme parfois il est mentionné erronément dans certains livres.

De temps en temps l’on fait aussi encore mention de deux autres sous-espèces, le ¨Probosciger aterrimus intermidius et le Probosciger aterrimus alecto.  Il s’agit ici de sous-espèces géographiques qu’il n’est quasiment pas possible de distinguer de la forme nominale.  Ces si petites différences sont donc la raison pour laquelle elles sont maintenant reprises chez la forme nominale et qu’ils ne sont plus reconnus officiellement comme des sous-espèces séparées.

Close up de la langue.  Photo : G. Verlinden

Singularités pendant la reproduction
Les couples reproducteurs habitent une région qui contient différents arbres avec des nichoirs potentiels.  Ils visitent régulièrement ces endroits, toute l’année, avec ensuite une fréquence qui augmente pendant la saison de reproduction.  La saison de reproduction du Microglosse dans la nature est étalée sur une longue période et peut varier dépendamment des conditions climatologiques mais généralement a lieu des mois d’août jusqu’à janvier.  Ils inspectent alors des arbres contenant un nid, rajoutent des branches brisées aux matériaux existants dans le nid et défendent leur territoire des intrus.  Lorsqu’ils se sentent menacés par des intrus, ils redressent leur huppe et courent vers l’intrus avec des pas lents très réfléchis et ceci est accompagné de grognements et de coup de pieds rythmés avec la patte.  Le mâle se bat dans les conflits territoriaux généralement aussi par des combats des pattes pendant que la femelle vole à côté de lui en criant.  La construction et l’entretien du nid et la défense territoriale sont très importants pour l’entretien de la formation du couple.
Une des caractéristiques les plus frappantes qui différencie le Microglosse des autres cacatoès est le fait que pendant qu’il fait la cour à sa femelle il fait usage d’outils.  Le battement de tambour par les Microglosses est un exemple rare de l’utilisation d’instruments par un oiseau.  C’est un spectacle unique lorsque le mâle et la femelle courent l’un vers l’autre sur une branche et se regardent mutuellement avec la huppe bien relevée, les ailes grandes ouvertes et les joues d’un rouge profond.  Le mâle à l’aide d’une branche, une grosse noix ou une pierre qu’il tient dans la patte tambourine une branche creuse ou un tronc et essaie ainsi d’avoir l’attention de la femelle et crée ainsi un bruit intense qui s’entend parfois dans la forêt jusqu’à une distance de 100 m.

Les joues peuvent aussi devenir plus claires lorsque la condition de l’oiseau recule ou lorsque la femelle va commencer à pondre. Photo : N. Rosseel.

De même pendant ce rituel ils vont continuellement crier et ceci se passe aussi sur le nid pendant les câlins et l’accouplement.  Tout se déroule généralement dans ou près du nid qui se trouve dans l’arbre territorial.  Les nids ou trous dans les arbres des Microglosses se trouvent généralement à très haute hauteur et ont souvent plus d’un mètre de profond avec un diamètre variable entre 25 et 60 cm.  Une fois qu’un couple a approuvé un endroit pour nicher, ils vont généralement le réemployer année après année.  Lorsqu’un couple est formé, une autre particularité unique commence, la construction du nid faite par des petites branches brisées ou finement mâchouillées et déposées dans le nid.  Ils transportent de longues branches dans le nid où elles sont coupées en petits morceaux et parfois le nid est rempli d’une couche de petites branches de plus d’un mètre d’épaisseur mais parfois aussi seulement de quelques centimètres.  Aussi bien le mâle que la femelle participent à cette activité  Cette couche de pulpe de bois protège le seul œuf et ensuite le poussin contre les inondations pendant les fréquentes pluies dans la forêt vierge et protège aussi le poussin de ses propres fientes.  L’unique œuf est couvé aussi bien par le mâle que la femelle et le temps de couvaison est généralement de 30 à 35 jours.  Une fois que le poussin a commencé à casser la coquille cela peut prendre de 3 à 4 jours avant que le poussin sorte de l’œuf.  Ceci prend beaucoup plus de temps chez le Microglosse que chez n’importe quel psittacidé.  Le poussin nait nu et ne développe pas de duvet, ceci donc aussi à nouveau en opposition aux autres poussins de cacatoès.  Dans la nature l’œuf est uniquement couvé par la femelle et une fois éclot le jeune reste aussi beaucoup de temps dans le nid car cela prend généralement de 100 à 110 jours avant qu’il ne quitte le nid, encore une fois la période la plus longue pour un psittacidé.  Donc aussi beaucoup plus long que les autres cacatoès où cela prend aux environs de 60 jours.  Les deux premières semaines après qu’il ait quitté le nid, le jeune n’est pas capable de voler et il est aussi nourrit par les parents pendant environ 6 semaines.  Comme différence avec les parents, il a les joues rouges plus pâles, le cercle autour de l’œil blanc et la pointe du bec blanc pâle, qui disparait plus ou moins après 18 mois.
Des recherches dans la nature ont montré que des nids actifs, 80% ne réussissent pas à élever un jeune ce qui classe le Microglosse sous l’espèce qui a le moins de résultat de reproduction de tous les psittacidés.  De plus, ils ne pondent invariablement, qu’un seul œuf qui n’est pas toujours couvé.

Probosciger atterilus goliath : Photo : N. Rosseel

Menace
Bien que dans une grande partie de leur aire de répartition ils sont considérés comme communs, il y a quand même déjà différentes régions où on ne les retrouve plus.  Dans la nature il est possible de les observer seuls ou par couples.  Parfois ils sont, en dehors de la période de reproduction, par petits groupes de +/- 6 oiseaux.  Les Microglosses dorment séparément mais dès que le soleil se lève, ils commencent à s’appeler, ils communiquent entre eux grâce à différents sifflements.  De petits groupes se rassemblent alors pendant la journée dans les arbres où ils se soignent l’un l’autre et où ils effectuent d’autres actions sociales.  Lorsque le soleil se couche, les couples s’isolent à nouveau et retournent vers leur propre territoire.  Ils volent alors avec des battements d’ailes lents, interrompus par des vols planés pour ensuite, chacun séparément, passer la nuit dans le même arbre.  On ne sait pas si ces petits groupes sont formés de groupes familiaux composés d’oiseaux apparentés.
De par son apparition inhabituelle, la demande envers cette espèce est grande chez les amateurs dans le monde des éleveurs.  En Asie et son aire de répartition on les retrouve aussi dans le commerce des animaux de compagnie car sur des marchés locaux en Indonésie des Microglosses capturés dans la nature sont encore vendus.  En Nouvelle Guinée ils sont encore assez communs dans tout le pays.  Les sous-espèces Goliath et Stenolophus ont, suivant estimation, une population de près des 20.000 oiseaux et la forme nominale Aterrimus environ 10.000 oiseaux.
Malheureusement, là aussi, dû à la déforestation ils sont menacés de perte d’habitat de même que par la chasse et capture continuelle.  De même en Australie leur nombre semble décroître.  Pour cette raison il a été décidé de les placer sous l’annexe I de la CITES.  Chez les amateurs il s’agit encore toujours d’un oiseau qui se reproduit difficilement bien que les mentions de résultats ne font que s’améliorer.  Au fil du temps l’offre pour ces oiseaux ne pourra faire que s’accroître.

Un Microglosse dans la nature.  Photo : E. Van Der Stricht

Nourriture
Son bec imposant a une puissance énorme, qui surpasse celui des aras.  Ceci nous renseigne que dans la nature, ils vivent principalement d’une nourriture spécialisée composée de graines à cosses dures de différents fruits et noix, probablement complété de baies, bourgeons et larves d’insectes.  En opposition avec d’autres cacatoès, les Microglosses ne mangent pas en groupe.  Les Microglosses mangent aussi d’une manière qui est différente de la plupart des psittacidés, ils ne prennent pas leur nourriture avec leur bec mais avec leur patte, apportent ensuite la noix ou la graine vers la mandibule supérieure et la coincent avec la langue et ensuite la cassent avec la mandibule inférieure.  Ensuite ils la reprennent dans la patte et continuent à la vider et manger avec la langue où le contenu reste collé.  Tout ceci se passe de manière très posée et ils prennent donc tout leur temps.  Les Microglosses se nourrissent particulièrement avec les graines des fruits du Terminalia impediens, un arbre très commun dans la forêt vierge qui est endémique à la Nouvelle Guinée.  Les grands fruits charnus de cet arbre sont aussi appréciés par les Casuariidae.  La chair de ce fruit de cette espèce d’arbre est un dissuasif pour le Microglosse pour manger les graines lorsqu’ils sont encore pendus à l’arbre.  Les fruits tombent au sol avant qu’ils ne soient mûrs et sont ensuite évités par les Microglosses jusqu’à ce que la chair de la noix soit pourrie.  Les Microglosses descendent alors au sol et mangent alors les graines des fruits sans la chair sur le sol de la forêt, ils ne mangeront jamais les fruits pas encore mûrs qui pendent à l’arbre.  De même d’autres fruits mûrs vont être ignorés en grande partie et ils ne mangeront les graines que lorsque la chair des fruits est enlevée.  Les Casoars par contre vont manger tout le fruit lorsqu’il sera mûr et aident ainsi à la propagation des arbres dans la forêt vierge.  En captivité ils reçoivent généralement un bon mélange de nourriture pour perroquets qui de préférence doit être amélioré par des noix de palme.  Ils vont rarement manger des fruits ou de la verdure et certains refusent totalement d’en manger

Un couple de Microglosses dans la nature.  Photo : E. Van Der Stricht

Aviculture
Heureusement, en Europe le Microglosse ne joue pas un rôle notable comme animal de compagnie et ces perroquets actifs ne se retrouvent que dans les parcs à oiseaux et chez les amateurs sérieux.  Une fois acclimatés, ils sont assez solides.  Le Microglosse est un oiseau long et svelte et est un poids léger en comparaison de sa grandeur.  Dépendamment du format et de la sous-espèce, les mâles ont un poids de 550 à 1100 gr et les femelles de 500 à 950 gr.  Les pattes noires ont un plumage fin presque dépourvu de plumes.  Un Microglosse qui est sain, perd aussi de la poudre mais en plus petite quantité que les espèces de cacatoès blancs.  La poudre va rendre mat son bec brillant et donne à son plumage une couleur grise subtile.  En règle générale les Microglosses deviennent vieux, probablement aussi dans la nature et pour cette raison se reproduisent lentement.  Tout comme les autres grands oiseaux qui habitent les forêts vierges tropicales, ils ont une population stable malgré le fait qu’élever les poussins est difficile.  Il n’y a pas beaucoup de recherches récentes connues concernant le statut du Microglosse à l’état sauvage

Couple reproducteur dans une grande volière avec un nichoir qui est ouvert par le dessus.  Photo : Nico Rosseel.


Un nichoir avec le dessus ouvert semble être le meilleur pour obtenir des résultats de reproduction avec les Microglosses.  .  Photos : N. Rosseel.


Reproduction avec des Microglosses
Les Microglosses sont en règle générale des oiseaux pacifiques mais ils peuvent aussi être extrêmement agressifs et territoriaux.  Leur richesse en démonstrations rituelles et sons sont employés pour maintenir entre eux l’harmonie sociale et garder hors de leur territoire des étrangers.  En captivité il y a eu malheureusement aussi de nombreux incidents d’agressions réciproques avec une fin fatale.  La plus grande partie de ces incidents ont eu lieu chez des couples fraichement composés mais aussi malheureusement chez des couples confirmés qui avaient déjà élevé par le passé un jeune.  Pour cette raison il est bon de loger un nouvel oiseau, à introduire après la période de quarantaine, dans le voisinage des autres oiseaux et de leur donner suffisamment de temps pour s’habituer aux sons avant de le placer avec les autres oiseaux.
Quelques lignes de conduites importantes sont : N’introduisez pas une femelle dans une volière où un mâle se trouve seul depuis déjà un long moment.  N’introduisez pas une jeune femelle chez un mâle adulte sans utiliser une grande prudence et beaucoup d’observation.  Si la femelle se retrouve à maintes reprises au sol de la volière alors l’agressivité du mâle en est plus que probablement la cause.
Il y a plusieurs méthodes d’essais pour présenter les oiseaux :
1)    D’abord placer la femelle dans la volière et quelques semaines plus tard le mâle.  La femelle a ainsi l’avantage de la base de départ.
2)    Loger les deux oiseaux pendant un long moment séparés dans deux volières voisines
3)    Lâcher les deux oiseaux ensemble dans une volière totalement étrangère
Chez les amateurs il est préférable de détenir les Microglosses dans une volière à perroquets.
Du fait de la nature parfois craintive de cette espèce, il est préférable de ne pas loger les Microglosses visibles à côté d’autres perroquets et certainement pas des aras.  De même le dérangement humain doit être restreint le plus possible.  Les Microglosses peuvent très bien être détenus dans une volière extérieure avec une partie protégée contre le vent.  En été, ces oiseaux de couleur foncé doivent aussi avoir une bonne protection contre le soleil et donc pouvoir être totalement dans l’ombre.  Les Microglosses profitent aussi pleinement d’un bain de pluie, ils sont alors pendus tête en bas avec les ailes et la queue grande ouverte à une branche pour profiter de la pluie.  Pour cette raison, en périodes sèches ils doivent être aspergés régulièrement.  En hiver ils sont sensibles aux suites du froid et pour cette raison, lors de températures en dessous des 4°C ils doivent avoir à leur disposition d'un abri intérieur chauffé.  Pour le bien-être physique et mental des oiseaux ils doivent avoir à leur disposition une volière de minimum 2 m de haut, 3 m de long et 2 m de large.  Les oiseaux qui ne disposent pas d’une volière adéquate s’ennuient et deviennent apathiques.  Il est conseillé de prévoir des perchoirs aux extrémités de la volière pour encourager le vol.

De jeunes Microglosses élevés à la main.  Photos : N. Rosseel.

Les Microglosses ont tendance à être des oiseaux maigres, l’embonpoint n’est pas observé chez eux.  Ces oiseaux sont donc nourris avec succès avec un mélange de graines qui est constitué principalement de graines de tournesol et d’autres additifs comme du blé complet, des piments espagnols séchés, d’autres grains et un peu de pellets.  En plus de cela, mais en quantités restreintes il est possible de rajouter à leur régime de base une grande diversité de noix : noix de cèdre, amandes, cacahuètes, noix de coco, noisettes, noix de macadamia, noix de Grenoble et bien entendu les noix de palmes dégelées provenant du congélateur.  Malgré qu’ils ne soient pas si friands de fruits et de légumes, les fruits et légumes suivants peuvent leur être proposés chaque jour : Pommes, oranges, brocoli, carottes, betterave, banane, pommes grenades, haricots, différents légumes à feuilles et céleri sont quelques exemples.  Dans la nature ce n’est que sporadiquement qu’ils mangent pendant la journée mais en captivité ils ont en règle générale de la nourriture à leur disposition tout le temps de telle manière que les oiseaux peuvent manger pendant toute la journée

De jeunes Microglosses élevés à la main.  Photos : N. Rosseel.

Ces dernières années les Microglosses se reproduisent plus régulièrement avec succès, aussi bien dans des collections publiques que privées et dans le monde entier.  Le premier cas de reproduction en captivité date déjà de 1968 en Australie.  Les jeunes qui ne sont pas encore mature sexuellement ont jusqu’à l’âge de 2 ans une bande sans piments sur le dessous de la joue.  Les Microglosses sont mature sexuellement à l’âge de 7 à 8 ans.  En captivité il n’y a pas de période de reproduction bien définie, le Microglosse, au niveau mondial, a déjà reproduit durant chaque mois de l’année.  Le fait que chez nous, ils se reproduisent pendant les mois d’été peut être dû au fait qu’ils sont généralement enfermés pendant les mois d’hiver.  Les nichoirs peuvent déjà être installés bien avant la période de reproduction.  Lorsque la volière est grande assez, il est possible de leur donner le choix de deux nichoirs mais pas plus car sinon cela fait l’effet contraire et rend cela embrouillé.  Un nichoir rectangulaire est en règle générale un modèle accepté et peut être soit avec le dessus ouvert ou avec un grand trou d’entrée de minimum 30 cm de diamètre.  Ceci permet aux oiseaux de pouvoir déménager suffisamment de matériaux dans le nid, chose qui est très importante pour le comportement de reproduction.  Le nichoir doit avoir une profondeur entre 1 m et 1,30 m, pas plus profond car sinon les oiseaux passent trop de temps pour le remplir de matériaux.  Le nichoir dont le dessus est ouvert, ceux qui se trouvent à une distance de minimum 60 cm du plafond de la volière sont ceux qui ont jusqu’à présent le plus de succès de reproduction
Le matériau de nid que le Microglosse va apporter lui-même au nid est composé de branches tendres et les plus adéquates ici aux Pays-Bas sont celles du saule.  Les branches de saule peuvent être données toute l’année mais au début de la saison de reproduction ils doivent être donnés à intervalles réguliers jusqu’à ce que l’œuf soit pondu.  Ils vont traîner des morceaux de branches dans le nid et ensuite les réduire en copeaux.  Il faut leur donner de nouvelles branches une fois que les précédentes ont disparu de telle manière qu’ils soient assurés d’une livraison constante.  Ils peuvent être frustrés si pendant de longues périodes ils n’ont pas de branches fraîches à leur disposition.  Ensuite il faut naturellement aussi prévoir une large branche pour le mâle afin qu’il puisse exécuter sa parade.  Lorsqu’ils se décident à se reproduire, alors tout comme les autres cacatoès noirs, un seul œuf est pondu.  La couleur de la peau de la face peut être un indicateur lorsque la femelle a pondu.  Le jour où elle aura pondu son œuf elle peut être très pâle et ne doit pas être confondu avec un problème de santé.  Beaucoup d’éleveurs décident, vu leur rareté, d’enlever l’œuf et ensuite d’élever le poussin à la main.  Un désavantage avéré de cette pratique est que chez les Microglosses sauvages il n’y a jamais de picage qui a été constaté alors que chez certains oiseaux élevés main cela arrive.  Si l’on veut quand même enlever l’œuf alors une couveuse peut être employée ou des parents nourriciers et à cet effet, les Eclectus sont souvent employés (Eclectus roratus) ou des poules naines.