Avril 2018


La perruche omnicolore paille


Platycercus elegans flaveolus

P.R. mars 2018
Retravaillé par Bert Van Gils
Traduction : William Vanbeginne

Introduction
La perruche paille (Platycercus elegans flaveolus) appartient au genre des omnicolores.  C’est une sous-espèce de la Pennant (P.e. elegans), bien que tout le monde ne soit pas d’accord avec ce point mais en tout cas ils sont fortement apparentés.

Le dimorphisme est présent de manière subtil.  Les femelles ont un liseré noir moins prononcé sur les ailes et le dos et sont en général un peu moins vivement colorées.  En moyenne elles sont aussi bâties un peu plus finement, surtout la tête et le bec.  Souvent elles ont aussi un peu d’orange dans le plumage de la poitrine et de la gorge.

La perruche paille est une perruche assez robuste de 35 cm de longueur.  Elle est connue comme étant un peu plus difficile à faire reproduire que ses cousins apparentés.  Pourtant il s’agit d’une espèce qui se retrouve régulièrement dans nos volières et qui s’est bien adaptée à la vie en aviculture.

La vie à l’état sauvage
A l’état sauvage, la perruche paille est un oiseau plutôt craintif et timide.  Elles sont en petits groupes d’une dizaine d’oiseaux et invariablement il y en a plusieurs qui font la garde.  Lorsqu’il y a le moindre bruit ou mouvement, leur cri d’alarme âcre retentit et elles s’envolent toutes.  On peut les retrouver en Australie dans les états au sud de New South Wales, Victoria et South Australie.  Dans cette dernière région il y a parfois des croisements avec la perruche Adélaïde.  Dans la région New South Wales elle se croise parfois avec la Pennant.  Ces croisements, qui ont donc aussi lieu dans la nature expliquent les différences de couleur comme le plumage de la poitrine qui est parsemé de rouge.

Les perruches paille se réfugient principalement dans le feuillage des arbres eucalyptus le long des rivières qui sont riches en Australie.  Ils en vivent en plus grande partie car les arbres eucalyptus offrent des bourgeons, des fruits et même des insectes.  Malheureusement cette espèce est aussi considérée comme une plaie par les agriculteurs locaux, surtout dans les vergers et les cultures de raisins.  Elles ne mangent pas seulement les fruits où elles agissent en gaspillant énormément en ne mangeant que la moitié mais les fleurs et les bourgeons des arbres fruitiers sont aussi très appréciés.

A gauche, la femelle, à droite le mâle.  Un reflet orange est un phénomène normal chez cette espèce bien que la plupart des éleveurs essayent de limiter le plus possible la quantité d’orange.  Photo : D. Loodts


Logement
Une bonne volière pour un couple de perruches paille mesure par exemple de 3 à 5 m de long, 2 m de haut et 1 m de large.  Plus grand est toujours accepté.  L’idéal est que 1 ou 2 côtés de la volière soient fermés, ce qui donne plus d’intimité aux oiseaux.  La perruche paille est un oiseau un peu plus craintif et réservé, surtout pendant la période de reproduction.  Malgré ces caractéristiques, elles peuvent être très agressives.  Plusieurs couples dans une volière n’est certainement pas une option.  Même si vous logez un autre couple dans une volière avoisinante, ils pourraient se mordre les doigts.  Pour cette raison il est préférable de prendre comme voisin une espèce calme.
Le nichoir doit être accroché haut dans la volière et avec l’entrée hors de la vue.  Dans la nature, aussi, la perruche paille choisit souvent un nid situé très haut dans un eucalyptus, loin de la présence de l’homme.  Certaines espèces d’omnicolores en Australie nichent dans un arbre creux dans un jardin ou dans un trou d’un poteau d’un champ mais l’on ne retrouvera jamais une perruche paille à ces endroits.  En captivité, pendant que la femelle couve, le mâle va dormir à bonne distance du nid afin de faire croire qu’il n’y a pas d’activité dans le nid.

Alimentation
Chez nous en volière, la perruche paille ne peut pas vivre d’une diète provenant des arbres eucalyptus.  Pour cette raison nous devons lui donner une alimentation variée.  Comme nourriture de base il faut leur donner un bon mélange de graines pour grandes perruches.  Rajoutez-y un mix de légumes et de fruits comme de la carotte, de la pomme, du céleri, de l’épinard, du maïs sucré et de temps en temps une noix de Grenoble.  Au début de la saison de reproduction il faut augmenter progressivement la quantité de pâtée à l’œuf.  Pendant la reproduction les graines germées sont un très bon supplément.

Une des habitudes de la perruche paille est d’aller chercher de la nourriture au sol, en combinaison avec les restants de graines germées ou de pâtée qui s’y retrouvent et cela les rends donc sensibles aux parasites comme les vers.  Les vermifuger deux fois par an (une fois bien avant la saison de reproduction et une fois juste après) est donc certainement nécessaire.  De même l’eau de boisson peut être infectée et donc le remplacement régulier et le nettoyage des abreuvoirs sont absolument conseillés.

De même l’intensité du jaune varie fortement d’individu à un autre et suivant l’intensité lumineuse comme vous pouvez le voir sur cette photo.  Photo : G. Verlinden

L’élevage
Comme nous l’avons déjà mentionné, la perruche paille est un peu plus difficile à faire reproduire que ses apparentés.  C’est au printemps que commence la saison de reproduction.  Ce sont les mâles qui entrent d’abord en action avec leur parade.  C’est surtout la queue grande ouverte en éventail et les mouvements d’un côté à l’autre qui attirent l’attention.  Les oiseaux sont un peu plus bruyants et le mâle poursuit la femelle souvent de la mangeoire vers le nid et vice-versa.

Après 2 à 3 semaines de parade et d’inspections du nid, les oiseaux deviennent remarquablement plus silencieux et c’est généralement le moment que la femelle commence à pondre.  En règle générale elle pond 4 à 5 œufs qu’elle va couver seule.  Le mâle vient la nourrir au nid.  Il est conseillé de limiter au minimum les contrôles du nid et certainement lorsque la ponte n’est pas terminée.  Ensuite, le risque qu’elle abandonne son nid diminue suite à un contrôle.

Un nid qui convient à la perruche paille mesure 25 cm x 25 cm et 50 cm de haut avec un trou d’entrée de 8 cm.  La trappe de contrôle doit se trouver assez basse mais pas jusqu’au fond du nid afin que les œufs ou jeunes ne puissent tomber du nid lors du contrôle.  La trappe doit se trouver aussi de l’autre côté que le trou d’entrée afin que les parents puissent à n’importe quel moment quitter le nid.
Les femelles sont généralement d’excellentes mères et une fois que les poussins ont quitté le nid, le mâle va aider à les nourrir.  Ceci se passe, environ, lorsque les jeunes ont 35 jours.  Trois semaines plus tard les jeunes peuvent manger indépendamment et peuvent plus ou moins se débrouiller seuls.  Les jeunes ont une couleur plus terne que les parents et leur plumage adulte ils ne l’ont que vers 15 mois.  Chez les jeunes oiseaux la différence entre sexes est très difficile à voir.  Une analyse ADN ou une autre manière de sexage peut donc vous offrir une meilleure aide.

Mâle de perruche paille sans reflet rouge sur la poitrine.
Photo : D. Loodts


Conclusion
La perruche paille se retrouve moins en aviculture que les autres sortes d’omnicolores mais on peut quand même la qualifier comme commune.  C’est un oiseau riche en couleur qui connait pas mal de variantes.
Elles présentent un peu plus de difficultés pour la reproduction, surtout parce qu’elles ont besoin d’un peu plus d’intimité.
Elles ne sont pas vraiment conseillées comme animal de compagnie.  Ceci est d’ailleurs valable pour la plupart, voire toutes les espèces d’omnicolores.
Dans une volière spacieuse cependant, elles sont vraiment mises en valeur.