Décembre 2017


Le perroquet à poitrine rouge


P.R. novembre 2017
Texte et photos : Piet Rozendaal
Traduction : William Vanbeginne

La personne qui a découvert le perroquet à poitrine rouge (poicephalus rufiventris) en 1845 est le Dr. Eduard Wilhelm Peter Simon Rüppel.  Il était un scientifique allemand de la nature, un explorateur et le fils d’un banquier aisé.  Rüppel a organisé 2 grandes expéditions vers le Nord-est de l’Afrique, lors de la première de 1822 à 1827 il a visité l’Egypte, Nubia, Kordofan et la mer rouge.  Lors du deuxième voyage vers le Sinaï et l’Ethiopie (1830), il a été le premier Européen à voyager dans cette région.  Là, il s’est consacré à la recherche de la faune, encore inconnue d’Abyssinie.  Ces deux voyages ont donné comme résultat la découverte d’un grand nombre d’espèces encore inconnues dans l’histoire naturelle.  Il a ainsi découvert et décrit en ce temps minimum, environ 130 espèces d’oiseaux dont le perroquet à ventre rouge.  Il a envoyé tout ce qu’il a découvert au Senckenberg Museum à Frankfurt am Main.  Grâce à cela il a obtenu un nom comme l’un des grands explorateurs des oiseaux africains.  Plus tard, par un autre explorateur G.R. Gray, une autre espèce de Poicephalus, le poicephalus ruepelli a été nommé en l’honneur de son grand ami le Dr Rüppel.  Le perroquet de Ruppel comme nous le connaissons n’a donc pas été découvert par le Dr. Rüppel.

Description :
Les perroquets à poitrine rouge, aussi parfois nommé comme perroquet d’Abyssinie sont des oiseaux magnifiques qui ont été vus la première fois en Europe en 1927 à Londres.  Ils appartiennent au même groupe que le bien connu perroquet du Sénégal (Youyou), perroquet Meyer et Perroquet à tête brune.  Au niveau forme (aspect visuel) ils ont donc la même forme mais un peu plus grands (23 cm et 120-160 gr de poids).  Le perroquet à poitrine rouge est dans le groupe des Poicephalus celui qui a le plus grand dimorphisme sexuel.  Cela veut dire qu’à l’œil il est facilement possible de distinguer les sexes.


Les mâles sont gris/brun sur le dos, cou et front avec le ventre d’un orange/rouge brillant et le dessous des ailes d’un orange profond.  Ils ont des chaussettes vertes à leurs pattes et les plumes du dessous de la queue sont aussi vert clair.
La femelle à la poitrine gris/vert et le ventre vert et est gris sous les ailes.  Une autre différence avec les autres Poicephalus est qu’aussi bien chez le mâle que chez la femelle, l’iris est rouge tandis que chez les autres Poicephalus il est jaune.  Ils ont un cercle nu autour de l’œil de couleur presque noir mais ceci peut varier par la manière dont il est détenu et donc vous le faire savoir.  Chez les oiseaux détenus à l’intérieur ce cercle devient plus clair de couleur.  Une fois qu’ils sont déménagés vers une volière extérieure, ce cercle autour de l’œil devient à nouveau plus foncé.

La différence visuelle entre sexes qui rend si facile la composition d’un couple n’est pas fiable chez les jeunes oiseaux.  Leur plumage ressemble à celui des deux sexes et peut être différent chez des couples reproducteurs individuels.  Les jeunes oiseaux des deux sexes ressemblent fort aux mâles et ont (dépendamment du couple reproducteur) ou un ventre orange ou un reflet orange sur leur ventre vert et certains jeunes ont aussi une bande orange sur le front.  En plus de cela ils ont les yeux gris foncé qui devient rouge au fur et à mesure qu’ils deviennent adultes.  Chez les jeunes mâles l’orange est souvent plus intensif mais au bout de 12 mois les jeunes obtiennent leur plumage adulte et l’orange de la poitrine chez les femelles se change en vert.  Un éleveur expérimenté pourra généralement distinguer plus ou moins avec certitude le sexe des jeunes oiseaux.

Une méthode plus rapide pour pouvoir connaitre le sexe des jeunes oiseaux est de leur arracher quelques plumes orange de la poitrine.  Chez les mâles rapidement de nouvelles plumes orange vont apparaitre et chez les femelles des plumes vertes.  Si vous voulez vraiment être sûr, vous pouvez envoyer les plumes arrachées au labo pour un examen ADN.  Si vous n’êtes pas pressé et avez un peu de temps, vous attendez un an et vous le verrez vous-même.


Il y a deux sous-espèces connues :
Le Poicephalus rufiventris rufiventris : (Rüppel 1845).  La forme nominale qui se retrouve au centre de l’Ethiopie, le Kenya et le nord-est de la Tanzanie.
Le Poicephalus rufiventris pallidus : (Someren 1922).  Il s’agit d’une sous-espèce qui n’est pas reconnue par tout le monde avec une couleur brune plus pâle sur la tête et le cou et qui provient de la Somalie et l’est de l’Ethiopie.

Il y a encore une recherche en cours envers un perroquet à poitrine rouge avec le cercle autour de l’œil plus clair.  L’on s’est posé la question s’il ne s’agissait pas d’oiseaux de la sous-espèce Poicephalus pallidus dont la différence de couleur n’apparait pas suivant la détention intérieure ou extérieure de l’espèce.  Comme décrit plus haut dans la description s’il existe quand même une troisième sous-espèce est une chose qui est pratiquement certain que ce n’est pas le cas.

Statut dans la nature :
Cette espèce a un grand territoire où elle habite avec une taille estimée à 1.300.000 km².  Il part au nord de l’Ethiopie et de la Somalie, via le Kenya au sud jusqu’au nord-est de la Tanzanie.  La grandeur exacte de cette population est difficile à déterminer dans un si grand territoire mais l’on suppose qu’il est grand du fait que lors de différentes recherches, l’espèce a été décrite comme fréquemment apparente dans beaucoup de parties de son habitat.  Ils sont classés sous la liste II de la CITES.


Les perroquets à poitrine rouge sont surtout des oiseaux sédentaires avec seulement de petits déplacements liés aux saisons.  Ce sont des oiseaux très vivants mais forts timides et craintifs que l’on voit rarement en grands groupes.  Généralement ils vivent en couples ou en petits groupes.  Leur vol est rapide et direct accompagné de cris stridents. 

Ils nichent dans des termitières à seulement 2 ou 3 m au-dessus du sol ou souvent, comme les autres espèces de Poicephalus dans des trous dans les arbres Baobab.  Du fait de leur grand territoire, toute l’année l’on retrouve des nids avec des jeunes.

Dans la nature on les retrouve dans les forêts de buissons à épines, les savanes sèches, les sous-bois d’acacias, les pousses secondaires et dans les arbres Baobab d’Afrique de l’est.  A ces endroits, ils se nourrissent principalement de graines et fruits de différents arbres et buissons et de graines d’herbes, de préférence de fruits d’acacias et de figues.