Janvier 2018


Le Pionus fuscus


P.R. décembre 2017
Piet Rozendaal
Traduction : William Vanbeginne

Le Pionus Fuscus a été décrit pour la première fois en 1776 par le naturaliste Philipp Ludwig Statius Müller.  Il a parmi les amateurs reçu différents noms variant de perroquet obscur, perroquet crépusculaire jusqu’à perroquet Dusky (NDLR : traduction littérale des noms néerlandais : duistere papegaai, schemer papegaai et dusky papegaai).  Le nom perroquet obscur provient du mot latin fuscus qui veut dire de couleur foncée, triste, obscur.  Le nom de perroquet obscur appelle la question dans quel état l’oiseau devait être quand la personne lui a donné ce nom.  Les amateurs qui connaissent cette espèce ne seront pas d’accord avec ce nom vu les couleurs extrêmement subtiles de ce perroquet dans la bonne lumière qui sont plutôt riches qu’obscures.  Les noms perroquet crépusculaire et Dusky sont dérivés des différentes couleurs que cet oiseau a et font penser à la lumière lors d’un coucher de soleil.  Ensuite il y a encore le nom de perroquet violet qui n’est pas beaucoup employé chez nous.  Le nom que les Surinamiens lui donnent est « marguerite brune ou Basra-madame française » (NDLR : traduction littérale des noms néerlandais : Bruinmargrietje ou Basra-fransmadam).

Description.
Depuis le sol de la forêt vierge sous une lumière désavantageuse des arbres et avec une lumière à contre-jour, alors ces oiseaux semblent en effet ressembler à des oiseaux brunâtres foncés.  Mais si l’on regarde ces oiseaux de plus près dans une belle lumière claire alors vous verrez qu’ils possèdent des couleurs d’une belle combinaison aveuglante.  Il existe même des variations importantes entre des oiseaux individuels mutuels.  Celles-ci n’ont cependant rien à voir avec le sexe de l’oiseau ni de sous-espèces car ce pionus n’en a pas. 
La tête, surtout dans la région du cou a une couleur bleue ardoise mat.  Sur la partie entre les yeux et la base de la mandibule supérieure elle est colorée d’un rouge variable à un rouge total jusqu’à un petit fragment ou parfois même uniquement quelques plumes.  Les plumes qui couvrent les oreilles sont cerclées de pointes de plumes gris, blanc striée.  Le dos est d’un brun foncé à brun noir et certaines plumes ont un bord brun clair.  Les ailes sont brun foncé avec des bords clairs  Les grandes et petites rémiges sont bleues roux ou bleu pourpre et les plumes qui couvrent la partie inférieure de l’aile violet/bleu.  Le dessus de la poitrine est de couleur rose vieilli à brunâtre, la poitrine et en descendant vers le ventre il y a des plumes brunes dont le bord est d’un rouge ou bleu sombre.  Les plumes du dessous de la queue sont rouges et le la queue est d’un bleu foncé.  A l’intérieur des plumes extérieures de la queue il y a généralement un peu de rouge et à la base de la mandibule supérieure noirâtre il y a une tache de couleur corne et la mandibule inférieure est noire.  Il a un cercle autour de l’œil gris autour de l’iris brun foncé et la peau de la cire est d’un bleu gris.  Les pattes sont de couleur gris foncé avec les ongles noirs.  Comme déjà mentionné précédemment il n’y a pas de dimorphisme.  C’est un des espèces des petits pionus avec une longueur de 26 cm et un poids de 200 gr.  Le pionus Fuscus est en règle générale un oiseau sain, sans problèmes particuliers mais comme toutes les espèces de pionus, il est plutôt sensible aux infections à l’aspergillose, plus que les autres espèces de grands perroquets.  Le symptôme le plus important de cette maladie est une respiration très lourde.

Photo : Piet Rozendaal

Biotope
Le territoire de distribution du Pionus Fuscus se trouve au nord de l’Amérique du Sud.  Ils vivent là, localement répandus et dans certaines parties de leurs régions ils y sont en très grands nombres.  Cette région se trouve au sud du Venezuela, principalement au sud de la rivière Orinoco jusqu’à la région frontalière avec la Guyane anglaise, via ce pays vers le Surinam et en partie jusqu’en Guyane Française, où il n’y a que très peu de mentions de sa présence, et s’étend ensuite vers le sud jusqu’au nord du Brésil.  En plus de cela il y a une population isolée dans la région frontalière de la Colombie et du Venezuela dans la Sierra de Perijà.  Le pionus Fuscus est un oiseau clairement de la jungle, de la forêt tropicale sous les 600 m, de même que des forêts en permanence inondées le long de Rio Negro et ses affluents.
La population isolée qui vit au nord-est de la Colombie habite une région plus élevée jusqu’à 1800 m couverte de forêts compactes impénétrables, ce qui fait que peu de choses sont connues sur cette plutôt petite population qui par certains biologistes est décrite comme une variante  du perroquet pionus à ailes de bronze (Pionus chalcopterus) qui y vit.  Au Surinam et en Guyane Française cette espèce est aussi vue à certains moments de l’année, généralement juillet/août, dans les forêts mangroves et les bandes de sable le long des côtes.  Ces dernières années ce pionus est aussi aperçu plus souvent dans les vergers et les régions cultivées, parfois près des villages mais en règle générale ils évitent les grandes régions ouvertes.  
Les Pionus Fuscus passent beaucoup de leur temps haut dans la cime des arbres qui souvent se trouvent près des rivières mais toujours près d’un point d’eau.  De la journée ils vivent généralement en petits groupes familiaux ou par couples et plutôt silencieux.  Ce n’est que lorsqu’il y a un danger qu’ils émettent des cris.  Vers la fin de la journée, ils retournent généralement en grands groupes vers leurs endroits protégés pour dormir dans les cimes des arbres de la forêt vierge.  En dehors de la saison de reproduction, les pionus Fuscus forment également de plus grands groupes d’environ 30 individus et tous ensembles en groupe, ils font des vols plus longs vers leurs endroits de nourrissage.  Dans les arbres de la forêt vierge, leur nourriture est généralement composée de différentes sortes de figues, de papayes et de fruits de Goyaviers.  Au Surinam ils sont aussi vus dans des groupes d’arbres qui sont propagés comme des îles de forêts dans la savane.  Malgré que dans le même territoire de distribution au Surinam il y a une deuxième espèce de Pionus, le Pionus menstruus qui est en plus grand nombre ils ne sont vus que très rarement en groupes mélangés.

Photo : I. Van Bael

Elevage dans la nature :
Le Pionus Fuscus est dans son territoire de distribution un perroquet assez répandu mais malheureusement il n’y a que très peu de choses qui sont connues sur leurs habitudes de reproduction dans la nature.  Ils aiment nicher relativement haut dans, généralement, des arbres morts (les nids sont trouvés entre 10 et 40 m de hauteur).  Comme trous pour nicher, ils emploient le plus souvent les anciens nids des pics ou des trous similaires.  Suivent les observations, on ne peut pas parler de déclin de leur population dans la nature et la population générale du pionus Fuscus reste relativement stable.  Ce n’est qu’au Brésil que leur nombre semble diminuer à cause de la déforestation et ainsi la destruction de leur habitat et ceci au sud de l’Amazonie.

Comme animal de compagnie
Malgré les bons liens que nous avons avec le Surinam, le perroquet Fuscus est un oiseau qui n’a pas été importé en grand nombre en Europe.  Dans les années 60 et 80, seul de petites quantités ont été importées depuis la Guyane Française et le Surinam.  Dans ces pays d’origines, les pionus Fuscus ne sont que détenus rarement en captivité.