Juillet 2019



Le Toui à lunettes

Forpus conspicillatus


Parkieten Revue Mars 2019
Retravaillé par E. Holvoet
Choix des photos : D. Loodts
Traduction : William Vanbeginne

Le groupe des perroquets Touis est composé de 7 différentes espèces qui se retrouvent tous en Amérique centrale ou Amérique du Sud et suivant leur espèce ont une longueur de 12 à 15 cm.  Ils sont tous reconnaissable à leur couleur de base verte qui peut veiller à une apparence encore plus belle dépendamment de la partie du corps, principalement la tête, les ailes et le croupion, peut avoir des plumes bleues ou jaunes.

Les perruches Touis sont détenues et élevées depuis de nombreuses années dans nos volières.  En particulier le Toui à lunette que nous allons traiter ci-dessous est une des espèces les plus détenues et élevée.

Couples : Le mâle a du bleu, la femelle n’en a pas.  Photo : I. Van Bael.

Le pays d’origine de ces petits perroquets est le Panama et la Colombie et en plus de la forme nominale il y a les sous espèces Meta (F.c. Metea) et Caucae (F.c. Cauvae).  Son biotope est composé de petites forêts et de forêts ouvertes.  Ils mangent différentes graines (de préférence mi mûres) de même que des fruits, baies et fleurs.  En dehors de la saison de reproduction ces petits oiseaux se rendent dans leur territoire en petits groupes à la recherche de nourriture.
C’est vers 1974 que, chez nous, les Touis à lunettes se sont reproduits avec succès et entre temps il s’agit d’une espèce qui est régulièrement reproduite de telle manière que leur survie en captivité est assurée.  Actuellement il y a différentes mutations de couleurs qui sont obtenues comme le panaché, pastel, bleu et jaune.
Les Touis sont en règle générale détenus en cages d’élevage de 1 m de long avec une profondeur et hauteur raisonnable.  Les couples vivent ensemble et font tout ensemble.  Souvent ils se tiennent très près l’un de l’autre sur un perchoir et se nettoient l’un l’autre le plumage.  Ils font beaucoup moins de bruit que les Agapornis de telle manière que l’on peut les détenir où l’on veut et partout.

Couples : Le mâle a du bleu, la femelle n’en a pas.  Photo : I. Van Bael.

Dans les cages de reproduction que nous avons mentionnées antérieurement ils vont se reproduire facilement et au niveau de leur nid ils n’ont pas de grandes exigences, ce qui fait qu’ils acceptent aussi bien un nid de fabrication propre qu’un tronc naturel.  En général on leur fournit des nids horizontaux pour perruches ondulées de telle manière que les oiseaux ne peuvent pas tomber directement sur leurs œufs et que des détériorations sont évitées.
Le trou d’entrée est de 4 à 5 cm de diamètre et comme matériau dans le nid on leur donne une couche de +/- 5 cm de copeaux de bois.
Dès que la femelle passe du temps dans nid la nuit, nous pouvons espérer des œufs.  D’après la plupart des éleveurs ont peut remarquer que les œufs vont bientôt arriver car les femelles émettent alors une odeur sucrée, aussi dans le nid.  De même l’épaisseur du dessous de son ventre est un bon baromètre de la présence d’œufs.  Une ponte est composée normalement de 5 à 6 œufs blancs qui sont pondu normalement un chaque jour mais il peut arriver aussi après 2 jours.  Du fait que la femelle va commencer à couver après la ponte du premier œuf, les jeunes vont aussi naître avec des différences qui peuvent être importantes.  Pour éviter cela, on peut enlever temporairement les premiers œufs et les remplacer par des œufs artificiels et après la ponte du quatrième œuf, les remplacer dans le nid à leur place.  Le temps de couvaison est de 21 jours et à l’âge de 10 à 14 jours les poussins peuvent être bagués avec une bague fermée de 4mm.  C’est à ce moment-là qu’apparaissent les premières hampes.  Dès que les plumes ont fait leur apparition, il est aussi possible de connaitre le sexe des poussins car les jeunes mâles ont déjà directement leurs ailes bleues.  Le cercle autour de l’œil et le croupion de couleur bleu ne sont alors pas encore visibles car pour le reste ils ressemblent aux femelles, totalement vert.  A l’âge de 30 à 35 jours ils quittent le nid et quelques jours plus tard ils commencent à manger seul.  Pendant encore environ 3 semaines ils reçoivent à manger de leurs parents.
Si la prochaine ponte est en bonne voie, il vaut mieux retirer les jeunes de la cage pour ne pas déranger la ponte.  De même il est possible que le père pourchasse ses jeunes.  Les perroquets Touis ont déjà leur plumage adulte et splendide à 1 an et sont prêts à reproduire à cet âge-là.  Nous avons d’ailleurs déjà entendu parler d’une femelle de 6 mois qui a élevé avec succès 5 jeunes.

Le mâle à l’entrée de son nichoir bûche.  Photo: N. Rosseel.

De même dans leur alimentation, les perroquets Touis ne sont pas exigeants.  Comme base il faut leur proposer un mélange étendu de millet qui doit être composé principalement de millet argenté et de millet La Plata et de graines pour canari.  Dans une mangeoire séparée on donne aussi un peu de nourriture pour les oiseaux sauvages chanteurs.  Ils aiment beaucoup les graines grasses comme le tournesol, chanvre et graines de Niger mais on ne peut pas leur en donner.  Il faut leur donner régulièrement des graines germées, de la pomme, de la carotte et de la poire qui vont parfaire leur alimentation.  Pour satisfaire leurs besoins en calcium, il faut veiller à une préparation minérale en plus de coquilles d’œufs moulus.  Des branches fraîches de saule ou d’arbre fruitier leur procure une bonne occupation.  Lorsqu’il y a des jeunes au nid il faut donner chaque jour des graines germées en plus de la pâtée à l’œuf indispensable.  Comme base des graines germées nous donnons sans problèmes tout le mélange de graines avec des graines de tournesol et l’on rajoute un peu d’avoine, graines de Niger et blé.  Ce qui est aussi très utile c’est du millet en branche mi mûr.  Pendant la couvaison il ne faut pas leur donner de la pâtée à l’œuf ou des graines germées de telle manière que leur pulsion de reproduction n’est pas incitée.

Un couple: Photo : R. Vanhorenbeeck

En conclusion :
Nos exemplaires de propre élevage ne sont pas tellement sensibles au froid et peuvent être détenus à une température de 10°C.  Lors de l’élevage il faut veiller à avoir au moins 15°C.  S’ils sont bien soignés, il n’y aura pas de problèmes qui apparaîtront et nous aurons beaucoup de plaisir de ces mini adorables perroquets.
Si l’élevage ne porte pas ses fruits alors il faut changer les partenaires et tout rentrera dans l’ordre.