Juin 2019



L’élevage de la conure à tête d’or


Parkieten Revue juin 2019
Texte et photos : Nathalie Gijbels & Geoffrey Lemmens
Retravaillé par Mano Holvoet
Traduction : William Vanbeginne


Depuis tout petit j’étais fasciné par les oiseaux.  J’ai commencé par les espèces Européennes et j’ai continué avec une belle collection de rapaces.  A l’âge de 14 ans j’avais mon premier couple de perruches (perruches de Patagonie).  J’ai eu ces oiseaux pendant quelques années et j’ai eu quelques pontes mais jamais je n’ai eu un poussin.


Plus tard je me suis focalisé sur les rapaces et j’ai fait du skydive.  J’ai réellement volé à côté d’un vautour de cette manière.  Vers la vingtaine il y a eu une période sans oiseaux mais plutôt la fête et j’ai rencontré Nathalie.  Après cela nous avons décidé d’acheter une maison et je l’ai surprise en achetant une jeune perruche Jendaya comme animal de compagnie.  Au début elle ne l’a pas vraiment apprécié mais après quelques jours elle l’a même nourri et c’est de là que notre amour pour les perruches Sud-Américaines a vu le jour.

Un jeune sorti du nid

Au fil des années nous avons bien développé et maintenant nous avons une douzaine de volières pour nos couples reproducteurs.
Nous avons aussi 12 oiseaux qui vivent dans la maison.  C’est un groupe mélangé avec des perruches Jendaya, Nanday, soleil et souris.  C’est un méli-mélo avec un oiseau élevé main, un sauvage, un très agressif, une Jendaya déplumée, un oiseau trouvé, un délaissé, c’est en fait le groupe de Nathalie.  Elle a un lien très fort avec ses oiseaux et aime observer leur comportement.  Ils ont une grande chambre dans notre maison où ils peuvent voler et 2 volières qui ont été construites à la maison. 
Pour nos couples reproducteurs nous employons uniquement des volières avec un espace intérieur fermé où ils peuvent aller dormir la nuit.  Nous en avons 6 de 4 m x 1,5 m et 2,2 m de haut avec une partie couverte de 1m x 1m et 2,5 m de haut.  De même deux de 5,5 m x 3 m et 2,5 m de haut et une de 11 m sur 4 m et 2,2 m de haut avec 2 abris de nuits séparés couverts.  Celle-ci est employée pour notre colonie de conures à tête d’or.  Ensuite encore 3 de 2,5 m sur 5 m et 2,5 m de haut avec un abri intérieur de 1,5 m sur 1,5 m et 2, 5 m de haut.


Dans la plupart des volières il y a de l’herbe au sol, nous essayons aussi du sable de rivière dans certaines.  Nous trouvons que l’herbe est le meilleur, les oiseaux aiment y jouer et tout a toujours un effet propre.  Nous gardons la longueur courte grâce à un coupe bordure.  La vieille partie est composée de bois et de treillis et la nouvelle partie est en aluminium.  Nous n’avons encore jamais eu de problèmes avec des oiseaux qui rongent le bois mais l’aluminium est tout simplement plus facile et dure plus longtemps.
Nous avons une collection variée de Nandays, Jendayas, perruches soleils, conures à tête d’or, conure Pavouane, conure à tête bleue, aratinga de Finsch, Mitrata, Aurea, Pertinax et l’Aztec se trouve encore sur notre liste de désir.  Nous avons aussi encore quelques couples de Pyrhuras avec lesquels nous essayons la reproduction en volière commune.
La plupart des espèces ont des contacts entre eux mais nous trouvons que les espèces vertes (Leucopthalma, Finsch, tête bleue, Mitrata) sont plus rapidement distraites et nous leur donnons un peu plus d’intimité.


Ces problèmes nous ne les connaissons pas avec les plus petites espèces comme Jendaya, tête d’or et P. Pertinax.
Nous ne chauffons pas les commodités d’élevage car nous avons vu dans le passé que les oiseaux commençaient alors à se reproduire en hiver.  Nous avions des œufs séchés et des femelles qui n’arrêtaient pas de pondre.  Nous avons choisi maintenant de les laisser nicher au printemps et en été, 1 ou 2 pontes par an au rythme de la nature.  Si la température devait drastiquement chuter sous les 0°C dans la partie couverte alors nous pourrions chauffer un peu mais à ce jour cela n’a pas encore été nécessaire.
Nous donnons un peu plus à manger en hiver de telle manière que les oiseaux soient un peu plus gras.

Colonie de Conures à tête d’or

L’année passée nous avons acheté notre premier couple reproducteur de conures à tête d’or et ceci après avoir dû longtemps chercher.  Les oiseaux ont 8 ans, la femelle est sauvage et le mâle se comporte comme un oiseau apprivoisé.  Il aime bien qu’on lui prête attention et une attention journalière, surtout quand on arrive avec les mangeoires.  Par la suite nous avons remarqué que ce comportement nous arrangeait très bien avec ses jeunes.
Pour ce couple nous avons construit l’année passée une volière de 4 m sur 3 m et 2,2 m de haut avec une partie fermée de 1 m x 1 m x 2,2 m de haut dans laquelle est fixé le nid.  Un nid standard de 60 cm de haut et 25 cm x25 cm au sol et un trou d’entrée de 7 cm de diamètre.  Nous avons décoré la volière avec beaucoup de branches de saule bouclé, de balançoires et d’un tas de bambou afin qu’ils se sentent bien.  Il semble qu’ils aient apprécié et jouaient chaque jour plusieurs heures ensemble.  Au mois d’avril ces jeux ont changé en un comportement d’accouplement et il semblait qu’ils voulaient agrandir la famille.  Début juin le premier œuf a été pondu et ensuite 1 tous les deux jours jusqu’à un total de 4.


Un jeune qui vient de quitter le nid

Au bout de 26 jours les deux premiers œufs ont éclot, 2 jours plus tard le n° 3 et encore 2 jours plus tard le n° 4.  Tout se passait bien mais quelques jours plus tard, après une nuit extrêmement froide nous avons trouvé le plus petit poussin engourdi.  Nous avons encore essayé de le placer dans une couveuse et de le nourrir à la main mais au bout de quelques jours il est quand même mort …
Les trois autres ont bien grandi et au bout d’une huitaine de semaines le plus âgé essayait déjà de quitter le nid.  Inspecter le nid n’a jamais été un problème pour nous et les oiseaux s’occupaient bien de leur progéniture.  Même maintenant, un an plus tard, les parents sont toujours très confiants avec leurs jeunes.  Nous avons vu chez d’autres espèces que l’attention des parents envers les petits diminue avec le temps mais ceci n’est pas le cas chez nos conures à tête d’or.
Nous ne sommes pas fan pour élever ces oiseaux à la main car combien de personnes veulent un Aratinga bruyant dans le living ?  J’en vois tous les jours qui sont proposés sur Internet, pitoyable !  Nous avons choisi de travailler uniquement avec des éleveurs fiables pour ainsi arriver à obtenir quelques lignes sanguines dans les volières Européennes là où cette espèce est devenue rare.  C’est uniquement là où une vie doit être sauvée que nous l’élèverons à la main.


Nous donnons à nos oiseaux une alimentation variée durant toute l’année, du fait des hivers froids en Belgique.  Un mix de graines, extrudés et noix auxquels nous rajoutons des fruits, légumes ou graines germées.  Leurs noix favorites sont les noix de cajou, les amandes et les noix de Grenoble.  Pour les préparer à la reproduction, nous leurs donnons un mix d’œufs, de la pâtée pour insectivores, de la pâtée aux fruits, des flocons d’avoine, du chanvre, des « rozebottels » des baies séchées et quelques vers de farine que nous achetons congelés.
Nous les encourageons, quand ils ont des jeunes, à apprendre à manger aussi autre chose comme des patates douces, des fèves blanches, des pois chiches (tremper 8 heures et bouillir une heure), du brocoli, ils mangent presque tout quand ils ont des jeunes !  De telle manière nous ne devons employer aucuns suppléments.  Nous donnons la même chose à nos Pyrrhuras et tous nos oiseaux sont radieux avec cette nourriture variée.  Nous leurs donnons à manger le matin et parfois le soir quand nous nettoyons nous leur donnons encore un peu de graines sèches supplémentaires.
Deux fois par an nous apportons des fientes de nos oiseaux chez le vétérinaire pour les faires tester à la recherche de vers et bactéries.  Nous n’avons eu qu’une seule infection ces dernières 4 années et un nouvel oiseau qui est arrivé avec des vers. 
Les nouveaux oiseaux sont toujours testés sur psittacose, chlamydia et polyoma pour être certain de ne pas rentrer de maladies dans notre élevage.  Les échantillons sont envoyés chez Tauros Diagnostik en Allemagne.

Nos trois jeunes conures a tête d’or sont devenus des oiseaux très différents, l’un avait des cercles autour des yeux plus prononcés, l’autre la tête plus jaune et le troisième les plumes plus oranges sur la tête.
Du fait de la bonne relation avec le mâle, les jeunes venaient aussi manger dans nos mains et se percher sur nos bras.  Ceci donne un certain calme dans la volière et permet un contrôle journalier de leur santé plus aisé.
Nous avons trouvé 3 femelles pour eux.  Ils prennent maintenant le temps de se connaitre et de s’habituer l’un à l’autre, tous ensemble dans une volière commune afin, espérons-le de pouvoir les faire reproduire l’année prochaine en groupe.

Nous aimerions un jour, aller au Pantanal au Brésil et à Curaçao pour pouvoir aller voir la Pertinax à l’état sauvage.  Ce n’est pas facile de trouver quelqu’un pour pouvoir soigner un aussi grand groupe d’oiseaux pendant notre absence mais nous continuons à chercher.

Nous avons eu quelques belles nichées avec notre groupe de Pyrrhuras et aussi les couples de yendayas, tête d’or et Pertinax ont eu de bons résultats.  La plupart des couples étaient nouveaux l’année passée.  Cette année nous espérons des résultats chez nos aratingas verts.
Nous ne faisons pas cela pour gagner de l’argent mais c’est quand même agréable de gagner quelques sous pour pouvoir continuer à bien les soigner.  Il est plus important de voir nos oiseaux heureux et en bonne
 

 
 santé et de savoir qu’ils vont aller chez de bons éleveurs qui vont bien prendre soins d’eux.  Nous n’aimons pas voir des oiseaux dans de petites cages car nous trouvons que même dans de grandes volières nous enlevons une partie de leur liberté.
De plus, de l’espace pour voler, l’air frais, une nourriture variée est important pour avoir des oiseaux heureux qui sont continuellement défiés.  Nous espérons motiver de jeunes éleveurs en Europe pour prendre bien soins de ces superbes oiseaux car des oiseaux heureux se reproduisent mieux.

Nathalie Gijbels et Geoffrey Lemmens