Avril 2019



L’ara Chloroptère


Ara chloroptera

Parkieten Revue janvier 2019
Texte et photos : Piet Rozendaal
Traduction : William Vanbeginne


L’ara chloroptère est le plus grand du génus Ara et le second plus grand parmi les oiseaux du groupe considérés comme aras, le plus grand étant l’ara Hyacinthe (Anodorhynchus hyacinthinus).

Le territoire
L’ara chloroptère (ara chloroptera) est un oiseau présent communément avec un territoire énorme qui s’étend sur les pays suivants de ce continent.  Si l’on commence au nord alors on se trouve en fait encore en Amérique Centrale dans une petite région à l’est du Panama, malheureusement ils y ont déjà disparus dans la plupart des parties.  Ensuite, vers le sud nous entrons en Amérique du Sud via à l’est la Colombie et au sud le Venezuela, vers l’est la Guyane Britannique, le Surinam, la Guyane Française et l’île des Caraïbes Trinidad.  De là, vers le sud sur presque tout le Brésil à l’exception de l’est et de la partie la plus au sud.  Sur le côté ouest par l’est de l’Equateur et l’est du Pérou, le nord-est de la Bolivie via le nord du Paraguay jusqu’à la partie nord de l’Argentine où malheureusement ils ne sont plus vus ces dernières années.  Ce territoire correspond en grande partie avec le territoire de l’ara bleu et jaune (ara ararauna) et l’ara macao où de nature ils se retrouvent aussi en grandes quantités.

(photos élevage W.V)
Leur biotope
Avec un aussi grand territoire, les aras chloroptères se retrouvent dans différents biotopes.  Son habitat naturel le plus commun dans le nord-est est les régions basses tropicales où il peut être retrouvé généralement aux lisières des forêts mais il peut aussi être observé dans les régions marécageuses.  Bien qu’en règle générale ils sont présents dans les régions basses, au Venezuela on les trouve à des hauteurs de 1400 m.  Au Surinam ils sont vus généralement à l’intérieur des terres par couples ou en petits groupes mais pendant la période sèche de l’année, tout comme les autres espèces d’aras, ils se rendent vers les régions côtières.  Au Brésil, ils vivent en plus dans des forêts vierges et des forêts en permanence inondées aussi bien que dans les chapadas qui sont des régions montagneuses sauvages dans les régions forestières.  A cet endroit ils vivent et nichent dans les fentes des parois rocheuses hautes et raides.  Dans le sud et l’est de leur territoire on les voit régulièrement dans des régions boisées plus ouvertes et sèches et au Paraguay ils peuvent être observés aussi parfois dans les savanes.

Au Pérou, les aras chloroptères sont des visiteurs réguliers des parois d’argile.  Bien que sur ces parois d’argiles ils se rassemblent en grands (50 à 60 individus) ou moyens (10 à 20 individus) groupes, ils arrivent ou repartent généralement en couples ou en groupes familiaux, papa, maman avec généralement un ou deux jeunes de l’année qui sont reconnaissables à leur queue plus courte.  Ils arrivent d’abord relativement peureux sur les cimes des arbres qui se trouvent au-dessus des parois d’argiles et volent ensuite régulièrement des et vers les arbres et la paroi lorsqu’ils trouvent que la voie est libre et qu’ils peuvent descendre sans danger vers la paroi d’argile.  Il y a différentes recherches en cours pour trouver la raison de ce comportement de nourrissage particulier.  Beaucoup de chercheurs voudraient bien pouvoir résoudre le secret de ces oiseaux riches en couleur pour pouvoir en savoir plus sur le fait que ces aras préfèrent manger de l’argile que des fruits ou noix.  Pourtant ce n’est pas facile de pouvoir déterminer réellement la raison.  L’argile n’est pas uniquement une source de nourriture pour différentes espèces de perroquets mais aussi pour de nombreux mammifères comme les singes, cerfs, tapirs etc. … Pourquoi les perroquets mangent délibérément de l’argile est quelque chose sur laquelle les scientifiques se demandent déjà la raison depuis des décennies et certains pensent avoir trouvé quelques réponses.  Ainsi ils mangeraient de l’argile pour satisfaire leur besoin en natrium.  Des recherches ont montré que l’argile de ces parois contient 40 x plus de natrium que d’autres argiles dans la même région.  Ceci peut amener à une dépendance au sel.  En plus du sel fort apprécié, cette argile contient aussi du calcium et du fer.  Une autre hypothèse est que l’argile est mangée pour une raison protectrice car l’argile pourrait lier la toxine qui se trouve dans certains fruits pas encore mûrs et ainsi les protéger de symptômes d’empoisonnement.  Le fait est que ce symptôme n’est observé que chez les aras chloroptères qui vivent au Pérou car ce n’est que là que l’on retrouve ces parois d’argiles.  Dans le reste de leur grand territoire les aras chloroptères n’ont pas à leur disposition ces parois d’argile et donc pas le besoin de cette argile et de leurs sels.  S’ils avaient bien le besoin de ces sels alors ils devront le trouver via d’autres sources.  En fait une source intéressante de recherche.
Au Venezuela il y a déjà eu une recherche similaire vers les habitudes alimentaires des aras chloroptères et des Sakis (une sorte de singe) et cela a montré que ces deux mangeurs de graines d’arbres avaient une diète équivalente.  Des sept sortes de fruits qui étaient mangés par les aras pendant l’investigation, quatre sortes étaient aussi consommés par les Sakis dans le même stade de murissement.  Deux sortes de fruits étaient mangées plus tôt par les aras, dans un différend stade de murissement et une sorte n’a jamais été mangée par les Sakis.  De certains arbres, les aras prenaient les jeunes graines pas encore mûres et les Sakis seulement les fruits mûrs de ces espèces, ce qui reproduit la différence de tolérance des toxines dans leur diète.  Ainsi les aras peuvent se nourrir de fruits pas encore mûrs qui découragent les singes.

Les parois d’argile sont de plus un endroit de rencontre sociale pour les aras.  Pourtant beaucoup de questions continuent à venir à l’esprit, pourquoi certains perroquets font un effort important journalier pour effectuer de grandes distances vers ces parois d’argile alors que d’autres espèces de perroquets qui vivent dans la forêt vierge près de ces parois ne vont jamais les visiter et ne mangent jamais d’argile.

(élevage W. Vanbeginne)

Ressemblance dans la nature
Il y a dans la nature deux aras rouges avec chacun la peau de la face blanche où réside la grande différence chez ces aras.  Cette peau de la joue est chez l’ara Macao sans plumes alors que les caractéristiques de l’ara chloroptère sont des lignes rouges faites de petites plumes.  Au Surinam ils ont le nom de Warawrafru, un nom qu’ils doivent probablement à ces lignes rouges.  Les indiens Waraw se décorent, tout comme cet ara, le visage avec des fines lignes rouges.
En dehors de la saison de reproduction ils vivent parfois en groupes sociaux de 6 à 12 oiseux et s’associent souvent avec l’ara Macao et l’ara Ararauna.  Ils se nourrissent dans la nature d’une grande diversité de graines et fruits dans différents stades de murissement suivant la disponibilité dans certaines périodes de l’année.  Leur bec est aussi adapté pour pouvoir manger différentes noix et graines dures, même pour pouvoir briser la coque particulièrement dure des noix du Brésil avec facilité.  Les aras sont des mangeurs très négligents et pendant la recherche de leur nourriture journalière les aras répandent une quantité importante de graines qui tombent au sol de la forêt et ainsi régénère la croissance de la forêt et de même beaucoup d’animaux vivant au sol peuvent en profiter.

Habitudes de reproduction dans la nature
Avec un aussi grand territoire ce n’est donc pas possible autrement que la saison de reproduction dans la nature varie, à partir de novembre dans le sud jusqu’à février/mars dans le nord.  Pour l’incubation ils sont en grande partie dépendants de grands arbres hauts mais du fait des nombreux biotopes différents ils emploient aussi différentes formes de possibilités de nichoirs.  Celles-ci varient de trous dans les arbres, de palmiers brisés jusqu’à des trous et fentes dans des parois rocheuses.  Une ponte est constituée généralement de 2 à 3 œufs dont la plupart du temps un et exceptionnellement deux vont être élevés à terme.  Le temps de couvaison est de 28 jours et la femelle couve généralement seule mais le mâle et la femelle vont élever ensemble pendant 90 à 100 jours les jeunes.  Après 8 jours que le poussin est né, le duvet fait son apparition et les yeux s’ouvrent après 15 jours alors que les premières hampes des ailes font leur apparition à 3 semaines.  Dans la nature le taux de reproduction est en règle générale bas, les couples ne se reproduisent pas chaque année et les nids avec des œufs et jeunes sont souvent perdus à causes de différentes causes naturelles comme des prédateurs sous la forme de boas constrictors, autours, opossums, coati, etc. et il y a encore la perte par des maladies et la noyade des poussins dans le nid suite à des pluies torrentielles.


(élevage W. Vanbeginne)

Chez les amateurs
Bien que ce ne soit pas l’idéal pour l’oiseau et qu’il ne faudrait pas, l’ara Chloroptère est aussi détenu comme animal de compagnie.  Ils ont souvent un bon caractère et tout comme l’ara Hyacinthe une personnalité plus douce comparée avec d’autres membres de la famille des aras.  Un ara Macao peut être un oiseau plein d’entrain alors que le chloroptère est justement le contraire.  Dans la nature les perroquets ne vont jamais imiter les sons d’autres animaux et oiseaux et les aras ne sont en général pas des parleurs mais il est parfois possible qu’ils vont apprendre quelques mots mais ceux-ci ne seront généralement pas bien compréhensibles.  Chez un amateur sérieux, les aras chloroptères sont des oiseaux reproducteurs idéaux.  La seule chose est qu’il faudra avoir de la patience lors de la composition d’un jeune couple car cela prend généralement minimum 10 ans avant qu’ils soient matures pour reproduire et se décident à pondre des œufs.
Bien qu’en captivité ils sont parfois moins actifs que les autres aras, les aras chloroptères ont besoin d’espace pour pouvoir voler sinon les muscles de leurs ailes vont se dégénérer à la longue.  Pour cette raison donnez-leur une grande volière extérieure de minimum 2 x 4m et 2 m de haut avec un abri de nuit que vous pouvez fermer afin qu’ils puissent éventuellement être enfermés pour des problèmes de cris le matin tôt ou l’après-midi.  Tenez-en compte que ces oiseaux sont des solides rongeurs qui demandent une abondance en bois et branches car sinon l’ennui pourrait apparaitre avec différentes suites plutôt ennuyeuses.  Ils peuvent aussi profiter très largement d’une douche lors d’une chute de pluie.  Malgré qu’ils puissent avoir un lien puissant avec leur soigneur, pendant la saison de reproduction ils peuvent devenir agressifs et attaquer et ils doivent donc être approchés prudemment pendant cette période.
La plupart des succès de reproductions sont obtenus chez les éleveurs avec un nichoir placé horizontalement.  Avec un nid vertical il peut arriver que lorsque les oiseaux paniquent et veulent rentrer dans le nid qu’ils se laissent tomber sur les œufs et ainsi les écrasent.  De même ils doivent pouvoir nicher sans être dérangés sinon la possibilité arrive que les parents cassent les œufs ou tuent les petits de peur.

Protection dans la nature
Bien qu’ils ne soient pas classés comme menacés et grâce au fait que leur territoire est tellement vaste et que localement ils sont encore nombreux, l’on a pu remarquer clairement ces dernières années une baisse de leur quantité dans la nature.  Pour une grande partie c’est dû au fait d’une perte de leur habitat dans la forêt vierge tropicale d’Amérique du Sud, un des éco systèmes du monde le plus riche et varié qui disparait à une vitesse alarmante.  Des particulièrement grandes régions de cette forêt, à l’origine tropicale, sont encore trouvés à ce jour principalement au sud des Guyanes, le sud du Venezuela et des parties du dessus de l’Amazone.  Il y a à ce sujet de bonnes nouvelles depuis le Surinam car le 29 septembre 2000, la commission mondiale du patrimoine mondial de L’UNESCO a décidé à Sidney (Australie) d’écrire la réserve naturelle du Centre du Surinam à la liste du Patrimoine Mondial.  Grâce à cela, en 1998 la réserve naturelle du Centre du Surinam a été créée, une des réserves naturelles des plus vierges sur la liste du Patrimoine Mondial.  Le Surinam est fier que plus de 80% de la forêt vierge d’origine est encore intacte.  Grâce à cela le Surinam a pu acquérir une place dans la liste des pays qui sont prêts à protéger un morceau de leur patrimoine naturel national qui est d’importance mondiale et de le gérer d’une manière que beaucoup de générations après nous pourront encore en profiter.

Mais malheureusement ceci arrive encore
Bien que l’ara chloroptère est donc protégé dans la plupart des parties de leur territoire, au Surinam il existe encore la chasse pour le plaisir.  Le Surinam est un des seuls pays d’Amérique du Sud où existe cette loi.  Le Surinam a donc pour cela une loi de chasse qui a été rédigée en coopération avec le Fond Mondial de la Nature pour pouvoir avoir l’une ou l’autre chose en main ???.  Le logo du Fond Mondial de la Nature se trouve imprimé fièrement sur cette loi de la chasse.  Je trouve cette coopération plutôt étrange en employant la donation des amateurs de la nature pour accorder la coopération de pouvoir abattre des perroquets.

(élevage W. Vanbeginne)

La loi de la chasse
Par cette loi de la chasse, le Surinam est partagé en une zone Nord et une zone Sud.  La chasse dans la zone Sud est pour beaucoup d’amateurs de la nature encore acceptable car là, les bushman et les Indiens chassent pour pouvoir se fournir pour leurs besoins et la situation sauvage n’est pas mise en danger.  Dans cette zone, toute l’année l’on peut chasser sans limites  sur le gibier afin que la population endémique puisse se fournir des protéines nécessaires de leur diète.  Ils sont donc dépendants de la chasse pour leur survie et la plupart des amateurs de la nature parmi nous peuvent s’y retrouver.
Mais dans la zone Nord l’on chasse purement par plaisir et le sport et pour inciter le commerce.  Beaucoup du gibier qui a été chassé est négocié en Guyane Française après avoir passé la rivière et pour cela l’on emploie des moyens de chasse moderne.  Pour cette raison la loi de chasse a été promulguée, une loi qui est destinée à protéger les animaux vivant dans la nature en régulant la chasse et l’arrêt de chasse donne une élaboration approchée des clauses de la loi de chasse. 
Le contrôle de cette loi de chasse est cependant difficile et il y a donc souvent de la chasse illégale et cette surexploitation de la chasse peut amener à l’extinction d’espèces animales.  Que doit avoir officiellement un chasseur légal pour son passe-temps au Surinam, une autorisation valable d’arme à feu, un acte de chasse valable ou une autorisation spéciale (au nom du chasseur ou du détenteur de l’autorisation).  Et qu’est-ce que ce chasseur ne peut pas faire, c’est chasser dans une réserve naturelle et en dehors de la saison de chasse.

Le calendrier de chasse
La saison de chasse est rédigée dans un calendrier de chasse dans lequel se trouve quand et quelle sorte peuvent être chassé et la baglimit, ce qui veut dire le nombre d’une espèce qui peut être tiré à chaque fois.
Il y a sur ce calendrier toute une liste de mammifères et d’oiseaux et si l’on regarde cette liste, suivant le calendrier on peut chasser les perroquets de juillet à novembre sans contrainte, donc purement pour le plaisir.  Ainsi à chaque fois, un chasseur peut pendant cette période descendre 5 aras, macao, ararauna ou chloroptères et 10 amazones amazonica ou aras manilata.  Ceci est quelque chose que la plupart des amateurs de perroquets vont peut-être difficilement pouvoir concevoir, juste pour le plaisir descendre dans le ciel des aras et d’autres perroquets alors qu’en Europe et aussi en collaboration avec le Fond Mondial de la Nature il y a eu des interdictions d’importations qui ont été établies pour la protection de ces espèces.

A cause de cette chasse pour le plaisir, ces dernières années les aras chloroptères sont devenus rares surtout dans la moitié est du Surinam.  En plus de cela il y a encore la capture pour le commerce des animaux de compagnie au Surinam.  J’ai jadis travaillé avec un monsieur provenant du Surinam et en parlant du Surinam nous avons parlé de la chasse et il participait à ce style de chasse.  Il tirait de préférence sur des perroquets amazone amazonica et des aras lorsqu’ils passaient pour se retrouver le soir à leurs endroits dortoirs.  La raison qu’il a donné pourquoi les perroquets ?  Ceux-ci tombaient bien vers le bas… oui … cela peut être amusant pour certaines personnes.

Si vous êtes intéressé sur ce qui peut et ne peut pas et lire des infos sur la loi de chasse et le calendrier de chasse du Surinam allez alors vers le site de l’organisateur du Surinam des voyages de chasse et regardez sous Events.  www.tomahawk-outdoorshop.com