Novembre 2013


Une nouvelle volière pour mes éclectus


P.R. Août 2013
Réalisé par Marcel Van Aelst
Traduction: Philippe Sautelet

Les éclectus sont des oiseaux attachants et sont particulièrement un plaisir pour les yeux sur base de leur rouge et vert éclatants. Vous trouverez ci-dessous le rapport de la construction et l’aménagement d’une nouvelle volière pour ces oiseaux et la détention d’un trio d’éclectus.

Les éclectus ne sont pas précisément ma spécialité et mes expériences avec ces oiseaux datent des années 1980 durant une courte période et une petite étude sur l’élevage à la main de cette espèce. En automne 2011, j’ai acquis par hasard une femelle de deux ans de la sous-espèce de Nouvelle-Guinée (Eclectus roratus polychloros). Cet oiseau provenait d’un élevage et vivait jusqu’au moment de l’acquisition dans une cage habituelle pour perroquets. Elle avait une queue incomplète mais le reste du plumage était correct, elle n’était pas du tout peureuse et elle était habituée à un mélange pour perroquets. Le bruit qu’elle faisait était raisonnablement supportable dans notre habitation.

Le mois suivant, cet oiseau séjourna tout simplement dans sa cage, reçut une bonne alimentation variée et fut testée entre temps pour toutes les maladies de perroquets possibles. Heureusement, tous les tests étaient négatifs de sorte que d’un côté, la recherche d’un mâle pouvait commencer et de l’autre, que la construction d’une volière adaptée pouvait être entamée.



J’avais l’idée de leur construire vraiment une volière assez grande et confortable.

A son tour arriva “Jago”, un représentant adulte de l’espèce de Nouvelle-Guinée, en provenance du parc d’animaux Fauna à Solingen. Sa femelle était décédée il y a quelques temps. C’est ainsi que le veuf appelé Jago arriva à la fin de l’automne 2012 pour se reproduire à Oberhausen. Ils furent mis ensemble dans un quartier d’hiver déjà préparé qui avait une surface de 2x1m, une hauteur de 2,20m et qui était équipé de deux grandes fenêtres pour les regarder. Il y avait également du courant et de l’éclairage de sorte qu’il pouvait être chauffé jusqu’entre 10 et 15°C. Cette volière intérieure était initialement prévue pour un couple de gris du Gabon. La volière extérieure attenante aurait une grandeur de 3x2m et les fondations étaient déjà prêtes.

Un peu plus tard, nous avons acquis de manière très inattendue deux magnifiques mâles d’éclectus en provenance d’un parc d’oiseaux qui fermait. Le premier appartenait à la sous-espèce de Nouvelle-Guinée comme ceux en notre possession tandis que le deuxième était un éclectus de Salomon (Eclectus roratus solomonencis). Ces acquisitions ont fait mûrir dans nos esprits l’idée de mettre notre femelle en présence de plusieurs mâles. Cette idée était basée sur les nouvelles études de Robert Heinsohn et son entourage. Les deux mâles avaient déjà vécu ensemble quelques temps sans femelle dans le parc d’oiseaux. Ils furent donc mis ensemble chez nous pour passer l’hiver jusqu’à ce que la nouvelle volière soit terminée.

Il s’est donc avéré que notre femelle aurait à l’avenir deux ou trois mâles à sa disposition et que nous devions réévaluer la grandeur de la volière ainsi que les plantations. De sorte que nous avons pensé à une longueur de 7m et une largeur maximale de 3,5m. Cette volière était construite autour de l’abri de nuit. Seuls du métal et du treillis soudé étaient utilisés comme matériel de construction et plus tard, un petit étang serait prévu avec un rebord en béton de 8cm d’épaisseur. Le grillage nécessaire était installé dans le sol afin de maintenir à distance tous les rongeurs possibles avant de pouvoir commencer la vraie construction de la volière. Les cadres en métal zingué étaient d’abord soudés entre eux et toutes les soudures étaient immédiatement zinguées pour éviter totalement la rouille. Le grillage était d’abord bien tendu et ensuite peint avec une laque verte non nocive. Nous utilisions comme grillage du treillis soudé carré de 1,9x1,9mm. Avant cela, nous avions planté un jeune arbre fruitier dans la volière comme décoration et un figuier comme perchoir. Le toit était aussi métallique et était couvert de tapis de paille. Nous avions fixé deux grandes plaques de plexiglas sur la partie supérieure. Pour le reste, cette volière jouissait de la protection d’un séquoia géant. Le fer soudé était également peint en vert.

Le fond de la volière intérieure était pourvu d’une petite couche de sable et des écorces d’arbre tapissait le sol de la volière extérieure.

En plus de trois mangeoires dans l’abri intérieur, nous avions encore ajouté une mangeoire sur une souche de 60cm de haut pour donner plus de possibilités aux oiseaux. Fin avril, notre nouvelle volière était entièrement terminée.

Les quatre oiseaux ont été mis ensemble en mai 2012 et entre temps, notre femelle s’était accouplée avec le premier mâle tout seul. Les deux oiseaux étaient perchés régulièrement côte à côte et se nettoyaient mutuellement leur plumage.



De temps en temps, il s’avéra que ce n’était pourtant pas le grand amour car il arrivait que la femelle chasse le mâle et qu’ils dormaient à distance l’un de l’autre. Les deux autres mâles étaient assez calmes dans leur nouveau logement même si le mâle de Salomon dominait celui de Nouvelle-Guinée en le chassant parfois de la mangeoire et en le forçant à rester au sol où il devait parfois rester la nuit. Cela était vraisemblablement dû au fait qu’ils appartenaient à deux espèces différentes. Il était donc préférable d’enlever le mâle de Salomon. Sur ces entrefaites, la femelle commença à s’intéresser aux deux mâles. Peu de temps après leur première rencontre, elle changea d’avis et elle mit de côté Jago de sorte que l’autre mâle devint son favori et qu’ils commencèrent à leur tour de se nettoyer mutuellement le plumage. C’était maintenant au tour de Jago d’être refoulé et d’être chassé au sol. A ce moment, nous pensions que la formation du couple était terminée jusqu’à ce qu’un changement inattendu se produisit. Le nouveau mâle était seul dans la volière extérieure et notre femelle était gentiment en compagnie de Jago en train de manger dans l’abri intérieur. Début septembre 2012, nous avons remarqué que les deux oiseaux étaient de plus en plus attirés l’un vers l’autre et qu’ils commençaient à se câliner.

Une conclusion provisoire devait être tirée de ces expériences. La femelle s’avère être le sexe dominant comme les descriptions dans la littérature et le mâle doit se soumettre complètement. Les mâles dans ce trio ont différents rôles à jouer qui peuvent devenir violents dans une évolution future.

Ce sera donc très intéressant de voir comment les oiseaux se comporteront lors de la maturité sexuelle de la femelle (environ en automne 2013).
Le fait était que les éclectus avaient laissé intactes jusqu’à aujourd’hui les plantations dans la volière, composées d’un grand figuier buissonneux et de plusieurs arbustes de noisetiers. Cependant, les tapis de paille qui cloisonnaient à l’arrière les plaques métalliques étaient souvent escaladés et fort détériorés.

Le maintien d’éclectus en groupes n’a que rarement été appliqué. Dans la littérature, on parle de comportements en groupe de 8 couples d’éclectus de Salomon dans les volières du Dr Burkard en Suisse et d’une volière commune avec 14 couples (sous-espèces inconnues) au zoo de Sydney en Australie suivant R.Low.
Chez Burkard, très peu de jeunes ont été élevés. Un des mâles était très dominant. Il s’accouplait à tour de rôle avec toutes les femelles tandis que les autres mâles étaient seulement tolérés tant qu’ils se tenaient à carreau.

En ce moment, des éclectus au nombre de 11 (5-6) sont détenus en groupe au zoo d’Augsburg dans une grande volière de 30 m². Ce groupe a été constitué entre 1990 et 2000. Depuis 2002, il y a eu de la reproduction dans ce groupe mais des bagarres incroyables pour les nids disponibles ont eu lieu entre les femelles.