Novembre 2019




Le Pione à bec rouge


Pionus sordidus

Parkieten revue: Aout 2019
Texte Piet Rozendaal
Choix des photos : Dirk Loodts
Traduction : William Vanbeginne

Les Piones à bec rouge n’ont jamais été présents en grand nombre chez les amateurs mais actuellement ils sont vraiment rares dans l’aviculture aux Pays-Bas.  Pourtant dans leur territoire dans le nord et l’ouest d’Amérique du Sud ils sont heureusement encore représentés un peu partout.
Tout le groupe des sous-espèces du Pionus sordidus est connu dans notre pays comme le perroquet à bec de corail ou Pione à bec de corail.  Cependant le nom de perroquet à bec de corail est uniquement d’application pour le Pionus sordidus corallinus, l’espèce que l’on retrouve le plus au sud-ouest.  Le nom commun pour tout le groupe est en fait Perroquet à bec rouge ou Pione à bec rouge.

Description
Les Piones à bec rouge sont comme la plupart des espèces de Pionus de vrais habitants de forêts qui sont vus souvent à de plus grandes hauteurs.  Les descriptions de la forme nominale du nord et les sous-espèces de Colombie et du Venezuela donnent une image globale de comment doit être le Pione à bec rouge.
Ce sont souvent des prises de vue momentanées des oiseaux qui étaient disponible à ce moment-là car l’apparence de ces perroquets peut parfois varier sérieusement dans un et même groupe.  Chez des jeunes oiseaux, seuls, l’identification devient totalement difficile et la seule chose qui peut vous aider c’est si vous savez avec certitude de quelles régions ils proviennent.  Les 4 espèces du nord sont aussi plus petites de format (de 26 à 28 cm) que le Pionus sordidus corallinus (30 cm).  Les espèces nordiques sont aussi apparentées étroitement les unes aux autres et ne se différencient extérieurement que très peu mais entre eux il est possible de les distinguer.  C’est une autre histoire avec les deux sous-espèces du sud qui sont nettement différenciables de celles du nord.  C’est surtout par le bec qui est presque totalement d’un rouge corail clair et la bande bleue sur la poitrine qui est plus intense de couleur.  Ces deux sous-espèces du sud sont, elles, plus étroitement apparentées entre elles.

Ci-dessous il y a six sous-espèces qui vont être décrites pourtant actuellement il y a à nouveau des biologistes qui mettent en doute le Pionus sordidus mindoensis et qui ne voient qu’un seul Pionus Sordidus corallinus.  Ainsi les données dans certains livres ne parlent que de 5 sous-espèces.
Les sous-espèces sont répertoriées ci-dessous par l’année de leur découverte.  A la base ils ressemblent globalement à la forme nominale et les différences sont établies ci-dessous par espèce.

1.    La forme nominale : Pionus sordidus a été décrite la première fois par Linnaeus en 1758 et se retrouve principalement dans les montagnes de l’ouest et centrale du Venezuela

Description : Le plumage de la forme nominale est en général de couleur vert olive, la tête est aussi vert olive à l’exception des plumes sur le dessus et l’arrière de la tête qui sont pour la plus grande partie liserée  de bleu foncé.  Les joues sont de couleur olive avec de petits points bleus.  Il y a une bande bleue qui court sur la gorge et le dessus de la poitrine.  La poitrine et le ventre sont de couleur olive mat et chaque plume est garnie de bleu/rose.  Les plumes qui couvrent le dessous de la queue sont rouges.  Le dos est vert olive mat dont chaque plume est garnie d’olive brun.  Le dessus des plumes médianes de la queue sont vertes et les externes bleues avec du rouge à la base.  Ils ont le bec rouge avec la base plus claire.  Les cercles des yeux sont gris et les iris brun foncé. Les pattes sont grises.  Les jeunes oiseaux n’ont pas le rouge sur le bec et ont la tête de couleur vert clair, ils n’ont pas les liserés bleu foncés du dessus de la tête et les plumes couvrant le dessous de la queue sont jaune vert avec quelques plumes rouges.

2.    Le Pionus à bec de corail ne se trouve la plupart du temps pas comme second dans la file mais je le mets à cette place car c’est la seconde espèce qui a été décrite et comme Pionus sordidus corallinus. Ceci s’est passé en 1854 par Bonaparte.  Cette espèce se retrouve à partir du sud de la Colombie, à l’est de la cordillère des Andes où leur territoire du côté Est continue vers le sud vers l’Equateur où ils se retrouvent aussi du côté ouest des Andes.  Ensuite plus vers le sud, du côté est jusqu’au nord-est du Pérou et encore plus au sud il y a une population distincte de cette espèce au nord-ouest de la Bolivie

Description : Son plumage général a des bords bleutés, les plumes de la tête sont bordés de bleu, la bande sur la poitrine est d’un violet/bleu plus profond, le ventre est vert avec des bords bleu/verts.  Les parties supérieures sont d’un vert bleuté plus foncé en opposition au vert foncé chez P. mindoensis les plumes supérieures couvrant la partie supérieure de l’aile avec les bords foncés et comme déjà dit le format plus grand (30 cm).

3.    Le Pionus à bec rouge de Colombie dont la description de cette troisième sous-espèce n’a eu lieu que de nombreuses années plus tard car ce n’est qu’en 1915 que Todd a décrit le Pionus sordidus saturatus qui vit dans le massif montagneux Marta au nord de la Colombie.

Description : Il est sur tout l’ensemble d’un vert plus foncé, les plumes du dos sont sans le marquage olive, brun.  La poitrine et le ventre sont d’un vert plutôt uniforme sans les petits points bleu/rose.
Photo : Piet Rozendaal

4.    En Equateur aussi, dans les montagnes sur le côté ouest des Andes se retrouve le Pionus à bec rouge de l’Equateur, Pionus sordidus mindoensis.  Cette quatrième sous espèce décrite a été découverte par Chapman en 1925.  Comme déjà mentionné plus haut, cette espèce n’est plus vue, actuellement, comme espèce par certains biologistes et certains l’ont répertorié chez le Pionus Sordidus corallinus

Pionus Sordidus : Photo Eldred A. C

Description : Son plumage est plus vert que celui du Pionus corallinus, le ventre est plus vert sans les bords bleu/vert, la couronne est écaillée, la bande sur la poitrine est plus fine et le bleu est plus mat, les plumes du côté du cou et de la gorge ont des bords jaune/vert plus fins.

Dû à de nouveaux changements dans la nomenclature taxonomique du Nieuwe Wereld Papegaaien, il y a à nouveau une proposition pour séparer les sous-espèces du Pionus sordidus et de les laisser aller comme deux espèces séparées sous le nom Pionus corallinus et Pionus corallinus mindoensis

5.    Le pionus au bec rouge clair est la cinquième sous-espèce décrite, le Pionus sordidus antelius a été décrite à nouveau par Todden 1947 et a son territoire où il vit dans les montagnes du nord est du VenezuelaDescription : il a un plumage beaucoup plus clair, la poitrine n’a pas le teint bleu/rose, le ventre est olive/jaune, toutes les plumes sont jaunes claires, la bande bleue de la gorge est plus turquoise clair et moins présent formel ou même totalement absent.  Cette espèce est aussi la plus petite des becs rouges (26 cm).

Pionus sordidus.  Faites attention au bec rouge avec la base plus claire et une partie plus foncée sur la mandibule supérieure
Photo : Eldred Andrade Costa

6.    Le pionus à bec rouge Perija est la dernière espèce officielle décrite comme Pionus sordidus ponsi et a été découverte et décrite en 1950 par Aveledo & Gines.  Il se retrouve dans la Sierra de Perija et cette chaine de montagne forme la frontière entre le Venezuela et le nord-ouest de le Colombie

Description : Il est en général d’un vert plus foncé, les plumes du dos n’ont pas le marquage olive/brun, la poitrine et le ventre sont presque totalement vert sans les bords bleu/rose.  Les petites plumes qui couvrent les ailes et le dessus des plumes qui couvrent la queue n’ont pas le marquage plus clair.  Le ventre et les flancs sont vert olive.

Pionus Sordidus corallinus.
Faites attention au presque totalement bec rouge et la bande plus large bleue sur la poitrine.
Photo : P. Rozendaal

Biotope
La population nordique du Venezuela vit généralement à une hauteur de 450-1800 m, quelques observations viennent de 100 m et 3000 m.  Les pionus à bec rouge, les plus au sud sont trouvés en Equateur entre 1200 et 2400 m, avec aussi quelques observations accidentelles  à 1000 m et certains étaient même présents à 2600 m.
On les retrouve dans des forêts vierges dans les régions subtropicales et tropicales situées plus en hauteur y compris les forêts montagneuses et les forêts nébuleuses.
Ce n’est pas toujours dans les hauts arbres mais aussi souvent dans les plantations basses de régions partiellement déboisées avec des arbres éparts et parfois des bois ouverts dans le voisinage des plantations de café.
Le temps de couvaison dans la nature varie d’avril à juin dans le nord au Venezuela jusqu’en octobre au sud en Bolivie

              

Pionus Sordidus sordidus.  Ils pondent de grands œufs en proportion à la grandeur de leur corps.
Photos : Eldred Andrade Costa

Chez les amateurs
Les Pionus ont une réputation d’être des oiseaux adorables, calmes et doux et d’une nature jouette, tout ceci en plus de leur beauté en fait des oiseaux épatants pour les amateurs de perroquets.  Du fait que le Pionus sordidus ne se retrouve pas souvent chez les amateurs, cela en fait encore un plus grand challenge pour les faire reproduire avec les oiseaux disponibles que les autres espèces de pionus.  Des Piones à bec rouges, suivant le peu de données disponibles dans la littérature, le pionus à bec de corail (Pionus sordidus carallinus) était l’espèce la plus présente en aviculture Européenne.

Des données concernant les autres sous-espèces ne se retrouvent que sporadiquement et ces espèces sont pour cette raison encore de plus grandes raretés.  Pour autant que j’ai pu le contrôler, le Pionus à bec de corail ne se retrouve, en ce moment, plus parmi les amateurs aux Pays-Bas malgré que dans les années 70 et 80 des importations ont eu lieu régulièrement depuis l’Equateur.

Des espèces plus nordiques, seul le Pionus à bec rouge clair (Pionus sordidus antelius) se retrouve en ce moment aux Pays-Bas et ceux-ci avaient cette année un résultat de reproduction particulièrement excellent, 5 jeunes dans un nid qui ont été élevés par les parents.

La question qui se pose maintenant est comment les rendre non consanguins, la première génération de reproduction ne sera pas encore un si grand problème mais pour le futur, du sang frais sera nécessaire pour pouvoir avoir des oiseaux en bonne santé en volière.  S’il y avait quand même plus d’oiseaux de cette espèce ou des autres sous-espèces dans le monde des amateurs, alors ces amateurs entre eux devraient éventuellement rédiger un programme d’élevage pour ces espèces.  La rédaction d’€-PARROT veut éventuellement intercéder dans ce projet car souvent les amateurs, qui ont eu un résultat de reproduction, ne savent pas où ils peuvent trouver d’autres oiseaux pour pouvoir composer de nouveaux couples non consanguins et de propre reproduction.
Comme animal de compagnie dans une cage, cette espèce ne doit absolument ne pas être détenue.

Pour ce qui est des oiseaux présents dans les volières des Pays-Bas, ce sont des perroquets agréables, curieux avec un niveau sonore agréable.  Pendant la période de reproduction, cependant, ils peuvent pendant une courte période être bruyants.  De plus un mâle de Pionus en condition de reproduction peut parfois être très agressif vis-à-vis des oiseaux dans les volières voisines, donc au minimum il faut un double treillis et pour avoir une paix totale, il vaut mieux avoir une paroie de séparation.  Il peut aussi y avoir une certaine agression envers la femelle et lorsque ceci se passe il vaut mieux couper quelques plumes des ailes du mâle de telle manière que la femelle peut s’échapper des agressions du mâle.  En règle générale cela se passe bien  et il n’est pas trop difficile de faire reproduire les Pionus en captivité.  Ils sont matures sexuellement quand ils arrivent à un âge de 3 à 5 ans.  Les Pionus élevés ici sont généralement matures un peu plus tôt que ceux capturés dans la nature.  En Europe leur période de reproduction se déroule en moyenne de février/mars jusqu’à juin/juillet mais des exceptions plus tard dans la saison sont aussi connues.

Lorsque la saison de reproduction approche, ils commencent à retravailler le nichoir.  Ils prennent des petits morceaux de bois qui se trouvent dans le nid et qui ne leur plaisent pas et les jettent dehors via le trou d’entrée.  Ceci se passe pendant une quinzaine de jours et ensuite la femelle va passer beaucoup de temps dans le nid et rapidement le premier œuf va être pondu.  Elle va pondre un œuf chaque 2 jours, ce qui fait que les jeunes vont aussi naitre avec cet écart.  La couvaison commence seulement après la ponte du second œuf.

La taille des Pionus invite beaucoup d’amateurs à les loger dans des cages d’un mètre cube mais comme beaucoup de psittacidés, ils sont vraiment le mieux dans une volière ouverte avec un abri de nuit que l’on peut garder avec une température au-dessus des zéros degrés.  Un simple nichoir droit de 25 x 25 x 50 cm de haut est généralement suffisant.  La femelle va pondre de 3 à 5 œufs mais généralement 3.  Les Pionus pondent de grands œufs en comparaison avec la grandeur de leur corps et pour cette raison l’on retrouve parfois un petit filet de sang sur le premier œuf.  Ceci n’est pas une raison de s’en faire si la femelle est en bonne condition.  Ils couvent 26 jours donc la première naissance a lieu 28 jours après la ponte du premier œuf.  Les jeunes doivent être bagués lorsqu’ils sont âgés de 12 à 14 jours et ils quittent le nid entre les 8 et 12 semaines.  Différentes verdure et des vers de farine sont appréciés par les parents, en plus de leur nourriture normale pour pouvoir élever leurs poussins.  Des épis de maïs frais est aussi une de leur nourriture préférée.