Septembre 2013


Mon expérience avec la conure à tête bleue

Aratinga acuticaudata

P.R. septembre 2013
Par JP Kruitz
Traduction: Philippe Sautelet

Depuis 1964, je suis passionné par le hobby des perruches. Via une connaissance, je suis entré en contact avec un éleveur de perruches australiennes. Immédiatement, j’ai été impressionné par la beauté de ces oiseaux magnifiques. J’ai commencé alors avec des espèces d’euphèmes et de platycerques. Au travers des années, j’ai pratiquement eu toutes les espèces dans mon élevage.
Il y a une dizaine d’années, je suis entré fortuitement en possession d’un couple de conures à tête rouge. La reproduction était prospère et je sentis alors que je devais relever un nouveau défi en créant une collection d’aratingas, oiseaux intelligents pleins de caractère. En ce moment, j’élève entre autres des conures à tête bleue (aratinga acuticaudata), des conures à tête rouge (aratinga erythrogenys), des conures à tête d’or (aratinga auricapilla), des conures de Weddell (aratinga weddellii), des conures couronnées (aratinga/eupsittula aurea) et des conures à front rouge (aratinga/eupsittula canicularis).


Deux couples de conures à tête bleues sont logés dans des volières extérieures de 4 mètres sur 1 chacune attenante à un abri de nuit fermé de 1m sur 1. Cet abri de nuit est accessible aux oiseaux par un trou d’envol de 10cm sur 20. Un couple séjourne dans une volière intérieure de 1m sur 1. Autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les résultats de reproduction sont satisfaisants. Les dimensions du nichoir sont 60-30-30cm avec un trou d’envol de 7cm. Comme matériel de nidification, j’utilise des copeaux de bois avec des branches fraîches de saule et d’arbres fruitiers en début de saison. Ceux-ci sont déchiquetés et déposés au fond du nid. Les oiseaux coupent tout en petit et forment ainsi une assise un peu plus ferme. J’ai aussi l’impression que cela stimule l’instinct de reproduction.
Comme nourriture pour mes aratingas, je leur donne un mélange pour grandes perruches enrichi d’autres graines. J’ajoute du sarrasin, du froment, du chanvre, des graines de carthame et de l’avoine pelée. Tenez compte de leurs grands becs. Les graines plus grandes sont mangées spontanément. Les plus petites sortes de millet sont plus facilement délaissées par toutes les espèces d’aratingas. Durant toute l’année, les oiseaux reçoivent des graines germées mélangées à de la pâtée aux œufs. Les graines germées sont préparées à partir d’un mélange pour pigeons enrichi avec du froment.

Tous les deux jours, ils reçoivent plusieurs sortes de fruits pour lesquels ils sont assez difficiles. Les pommes doivent être fraîches et croquantes. Essayez seulement vous-même. Si vous ne trouvez pas appétissante une pomme farineuse, les oiseaux pensent de même. C’est comme s’ils disaient, donnez-les aux chevaux car elles ne me plaisent pas. Tenez compte qu’environ un tiers de leur alimentation doit se composer de diverses sortes de fruits, légumes, graines germées, pâtée aux œufs et verdure.
Un point important est que les aratingas doivent être si possible logés à l’abri du gel, en aucun cas plus que quelques degrés sous zéro. J’ai pourtant déjà entendu d’autres avis de quelques éleveurs, mais selon ma propre expérience, je ne suis absolument pas d’accord avec eux. Les oiseaux perdent trop de leur condition. Leur plumage est moins fourni que les perruches australiennes par exemple. C’est pourquoi les aratingas sont enfermés dans leurs abris de nuit par temps de gel. Pour maintenir la température, seul un chauffage électrique est adapté. Le gaz ou d’autres systèmes de chauffage consomment trop d’oxygène à moins que vous n’ayez une bonne ventilation. L’électricité est cependant excessivement chère. Si vous calculez ce que le chauffage électrique vous coûte sur une saison, la facture vous effraiera vraisemblablement.
En connaissant l’habitude des aratingas qui passent la nuit dans leur nichoir, j’ai choisi une autre solution, le chauffage du nichoir. J’y installe une plaque d’aluminium de 20 sur 30cm, verticalement sur une paroi intérieure. De l’autre côté de cette plaque, une plaque chauffante de 10 watts 12 volts est montée, consommation 12 watts par heure.
Vous pouvez ainsi maintenir une température correcte pour un couple pendant 85 heures pour 1 kilowatt. Les épouses seront maintenant satisfaites de la facture électrique.
Tous les nichoirs sont pourvus de ce système. Lors d’une reproduction précoce, c’est d’une grande importance, en rapport avec le mal de ponte des femelles ainsi que pour le développement des jeunes. Ne montez jamais le chauffage dans ou en dessous du fond, pour éviter le dessèchement des œufs. Ces installations de chauffage sont reliées à un thermostat d’ambiance qui est réglé sur 5°C. Ce thermostat est absolument nécessaire. Si la température ambiante est trop élevée, les plaques chauffantes perdront trop peu de chaleur, ce qui engendrerait leur surchauffe. Les 12 volts sont fournis par un transformateur de 220 volts en 12 volts. Sur un transfo de 50 watts, vous pouvez brancher 4 chauffages en même temps. Les câbles de connexion sont exécutés en néoprène jaune. Ce type de câble est utilisé dans l’industrie lourde où ils peuvent facilement être endommagés. Les oiseaux ne peuvent pas mettre ces câbles en morceaux, comme la sécurité industrielle l’exige. Pour ces raisons, ne travaillez jamais dans les volières avec du 220 volts. Tout est en métal conducteur. Des situations dangereuses pourraient en résulter facilement.
Les conures à tête bleue sont des reproducteurs faciles et fiables. Ils pondent de 3 à 4 œufs. La durée de couvaison est de 23 jours. Après 14 jours, les petits sont bagués avec des bagues en inox de 7mm. A cause de leurs becs puissants, les bagues en aluminium ne seraient déjà plus lisibles au bout d’un an. Les jeunes peuvent rester des mois en compagnie de leurs parents. Ils les nourrissent sûrement encore pendant 2 mois, jusqu’à ce qu’ils deviennent des oiseaux en bonne santé. La première année, ils prennent déjà des couleurs. Ce n’est pourtant qu’après 3 ans qu’ils sont fertiles.
Ce sont des oiseaux intelligents et attentifs. Ils n’oublient rien. C’est pourquoi vous devez faire attention aux changements de leur environnement pendant la reproduction. Ils peuvent être facilement perturbés pendant le processus de reproduction, sans doute à cause de leur intelligence.


Les grands aratingas sont connus pour leurs cris puissants. Quand des personnes qu’ils ne connaissent pas viennent en visite, ils les voient comme des étrangers, et ils poussent naturellement des cris d’alarme, surtout en période de reproduction. Les oiseaux donnent alors l’impression qu’ils sont toujours bruyants, ce qui naturellement n’est pas le cas. Quand je vais leur donner à manger, ils me saluent et restent calmes. Ce sont d’ailleurs des oiseaux familiers.
Les aratingas ont été massivement importés dans le passé. Suite à l’arrêt des importations en Europe, les oiseaux sont devenus plus rares. C’est actuellement difficile, même presqu’impossible de se constituer un élevage diversifié. C’est donc aux éleveurs que revient la tâche d’élever avec soin ces beaux oiseaux intéressants, et ainsi de conserver ces espèces dans notre si beau hobby