Septembre 2017


La perruche bleu bonnet et sous-espèces


P.R. juillet 2017
Retravaillé par Bert Van Gils
Traduction : William Vanbeginne


Introduction :
Lorsqu’on entend le nom de perruche bleu bonnet, beaucoup de personnes pensent directement au caractère combatif de ce petit oiseau.  Cette espèce, à cause de ce trait de caractère, se retrouve un peu dans un coin à refus au sein de l’aviculture, ce qui est très dommage.  Bien qu’il soit en effet agressif envers ses congénères et d’autres oiseaux, il est en même temps très timide.  En plus de cela, c’est aussi un oiseau avec pas mal de couleurs et une huppe unique qui fait qu’il peut relever les plumes de sa tête.  En opposition avec ce que son nom pourrait faire espérer, il n’a que peu de bleu en sa possession dans son plumage et plus précisément sur la tête et la courbure de l’aile.



Taxonomie :
La perruche bleu bonnet (Northiella haematogaster haematorrhous) est un oiseau provenant de l’intérieur, sec, de l’Australie.  La sous-espèce la plus détenue est celle que l’on appelle le plus souvent la perruche à bonnet bleu « red vented ».  La perruche à bonnet bleu « yellow vented » (N.h.haematogaster) se retrouve chez nous en aviculture un peu moins souvent mais est bien la forme nominale.  Il se retrouve dans la partie sud, sèche, du sud de l’Australie.  Il y a encore une troisième sous-espèce de reconnue, la N.h.pallescens, qui se retrouve aussi au sud de l’Australie et en New South Wales

La perruche bleu bonnet Naretha (N. narethae) se retrouve en petit nombre en aviculture.  C’est une espèce séparée sous le même genre, bien que certains auteurs continuent à le voir comme une sous-espèce.  Il se retrouve dans deux territoires relativement petits au sud de West-Australie.  Dans la nature, il a des problèmes.  Dans les années 1980, il y a même eu un certain nombre d’exemplaires qui ont été capturés, avec l’approbation du gouvernement, pour commencer un programme de reproduction basé sur une réintroduction dans la nature.

Vous pouvez différencier les espèces et sous-espèces sur la base des couleurs rouges et jaunes dans le plumage du dessous du ventre.  Chez la Yellow vented, le dessous du ventre est rouge entouré de plumage jaune.  Les plumes du dessous de la queue sont de couleur blanc, jaune et il peut quand même y avoir quelques plumes rouges.  Chez la « red vented » les plumes du dessous de la queue sont pour ainsi dire totalement rouges.  Elle a aussi plus de rouge sur les plumes qui couvrent les ailes.  La N.h.pallescens a encore moins de plumes rouge sur le bas du ventre – il ne reste plus que quelques taches – et donc la couleur jaune a encore plus de prédominance.
La N. narethae est pour commencer 2 cm plus petite et ressemble fort à la perruche bleu bonnet « yellow vented ».  Elle n’a pas de plumes rouges sur le bas du ventre mais bien sur le dessous de la queue.  Des différences plus subtiles sont les deux couleurs de bleu sur la tête et un plumage plus tachetée sur la tête et la poitrine.



Comportement :
Dans la nature ils sont la plupart du temps par 2 comme couple, après la saison de reproduction il est possible de les voir encore un petit moment avec leurs rejetons.  Le cri d’une perruche Bleu bonnet est constitué d’un certain nombre de tonalités douces et agréables.
Elles se sentent à l’aise au sol où elles sont parfois pour se reposer.  Si un danger apparait, elles peuvent en courant faire un sérieux sprint avant de s’envoler.  Menacer est une chose qu’elles savent faire très bien : L’oiseau se redresse la poitrine en avant et les plumes de la huppe relevées !



Logement :
Une volière adaptée pour un couple de perruches bleu bonnet mesure par exemple 1 m de large x 2 m de haut x 3 à 4 m de long.  La perruche bleu bonnet est un oiseau territorial qui n’accepte aucun autre oiseau dans sa volière.  Je connais une anecdote d’un éleveur qui a logé ensemble dans une volière de 6 m x 4 m un couple de perruche bleu bonnet et un couple d’erythroptères.  Le mâle bleu bonnet a attaqué le mâle erythroptère et l’a tué sans pardon.  L’éleveur doit aussi faire attention quels oiseaux sont logés dans les volières adjacentes.  Certainement pas d’oiseaux de la même espèce ou une sous-espèce apparentée.  Dans tous les cas, un double grillage est à conseiller entre les volières.

Le nichoir peut par exemple être en L avec des mesures de 30 cm de haut et long X 20 cm de large.  La chambre séparée peut alors avoir par exemple 15 x 20 cm et 15 cm de haut.  Le trou d’entrée doit avoir un diamètre d’environ 5-6 cm.  Il y a des éleveurs qui travaillent avec un nichoir avec un très petit trou d’entrée (par exemple 4 cm) de telle manière que le mâle ne puisse pas rentrer dans le nid.  Les oiseaux se sentiraient, de cette manière, plus en sécurité.
Surtout chez la naretha, il faut tenir compte de la nature nerveuse de la femelle lorsqu’il s’agit de couver.  Le nichoir doit se trouver à un endroit calme où il y a le moins d’oiseaux à voir et où le soigneur dérange le moins possible.  Les autres perruches bleu bonnet sont moins sensibles à ce problème.

Les perruches bleu bonnet aiment à être au sol de la volière.  Tenez en compte en nettoyant bien le sol et en faisant régulièrement contrôler les fientes à la recherche de vers et/ou en faisant préventivement chaque année une cure de vermifuge préventivement.



Alimentation :
Une bonne nourriture de base est un mélange de graines de qualité pour petits perruches composé de, entre autre, différente sortes de millet, de graines pour canaris, de froment, cardy et un peu de graines de tournesol strié.  A ceci il faut rajouter un peu de fruits et légumes comme de la pomme, céleri, carotte, … pour le supplément de vitamines et minéraux.  La perruche bleu bonnet raffole de pâtée à l’œuf et donc elle ne peut certainement pas manquer pendant la reproduction.  Faites bien attention à l’approvisionnement en eau de telle manière que les oiseaux disposent toujours d’eau propre.



Elevage :
La perruche bleu bonnet commence en règle générale l’élevage très tôt dans l’année et ce n’est pas rare que ce soir déjà en février.  Le mâle fait sa parade pour la femelle avec des mouvements affirmatifs de la tête et en remuant d’un côté à l’autre la queue.  Il se lève haut sur ses pattes, tremble avec ses ailes et relève les plumes de sa huppe.  La femelle répond à ce comportement avec un gazouillis et en relevant les plumes de sa huppe.
S’ils ne sont pas en condition, le mâle peut être un peu impétueux ce qui fait que la femelle va aller se réfugier dans le nichoir.
Pour encourager la reproduction et l’envie de couver vous pouvez fixer une petite planche ou un morceau d’écorce à côté ou en partie au-dessus du trou d’entrée.  C’est surtout la femelle qui va y travailler impétueusement jusqu’à ce qu’elle puisse à nouveau y rentrer.

Un couple qui s’entend bien est une condition importante pour une reproduction réussie.  L’idéal c’est d’accoupler les oiseaux quand ils ne sont pas encore matures sexuellement.  Essayer d’accoupler une femelle pas encore adulte à un mâle adulte est la chose la plus grave que vous puissiez faire et se termine en général mal.  De même des mâles élevés à la main n’acceptent pas toujours une femelle et peuvent être extrêmement agressifs lorsqu’ils sont matures sexuellement.

Généralement quatre semaines après la première parade, la femelle va pondre de 4 à 6 œufs blancs.  Il n’y a souvent que 24h entre la ponte de deux œufs.  La femelle couve seul pendant 21 jours et le mâle vient la nourrir dans le trou d’entrée.  Les dix premiers jours, les jeunes sont bien tenus au chaud par la femelle et ensuite elle va passer de plus en plus de temps hors du nid.  Ceci rend le baguage un peu plus facile.  Les jeunes quittent le nid quand ils ont environ 35 jours et à peine deux semaines plus tard ils sont normalement déjà indépendants.  Au bout d’un mois il est préférable de les enlever des parents car le mâle peut devenir agressif surtout envers ses fils.

Lorsqu’ils quittent le nid les jeunes sont plus ternes de couleur.  A l’âge de 3 à 4 mois ils ont leur première mue de jeunesse et ils sont totalement en couleur à l’âge de 10 à 12 mois en même temps qu’ils sont matures sexuellement.  La perruche bleu bonnet Naretha continue de se colorer jusqu’à l’âge de 3 à 4 ans.  Pour être certain des sexes des jeunes oiseaux il vaut mieux les faire sexer par ADN.

Conclusion
Malgré sa nature agressive et sa couleur générale gris, brun, la perruche bleu bonnet est un oiseau attractif et il peut demander un peu de patience pour arriver à se reproduire.  Soyez conscient qu’il ne s’agit pas d’oiseaux pour un débutant.  Il faut accoupler uniquement des oiseaux qui ne sont pas adultes pour avoir un maximum de chance de succès.  Faites bien attention d’élever des oiseaux de pure race et faites confiance à l’analyse ADN pour composer un couple.

Peut-être que la perruche Bleu bonnet est aussi un défi intéressant pour vous ?