Aout 2014

L’amazone de Panama


P.R. juillet 2014
Piet Rozendaal
Traduction : William Vanbeginne

L’amazone à front jaune de Panama ou tout simplement l’amazone de Panama a été décrite pour la première fois en 1788 par Gmelin (Amazona ochrocephala panamensis) et il est une sous-espèce de l’amazone à front jaune (Amazona ochrocephala).  Il est parfois mentionné dans certaines publications comme une espèce séparée (Amazona panamensis).

Description
Ils sont souvent pris pour l’amazone à front jaune nominal.  Ceci n’est pas étrange car bien que les amazones de Panama soient les plus petits des fronts jaunes en grandeur et qu’ils sont un peu plus bâtis de manière imposante, leur couleur de plumage est très semblable et peut donc amener cette confusion.  Pourtant il s’agit des amazones à front jaune avec la couleur la moins intensive avec la plupart du temps seulement une tache jaune triangulaire à la base de leur front.  A côté de cela, il y a différentes différences visibles, bien que parfois elles ne sont que fort subtiles.  Pour commencer, les Panamas sont donc un peu plus petits, environ 35 cm.  Ils sont de couleur vert clair, un peu plus foncé sur les bords des ailes et ont moins de rouge sur la courbure de l’aile.  La tache jaune triangulaire sur le front est petite au début.  L’augmentation pour arriver jusqu’à la tête totalement jaune a lieu pendant la mue sur une période d’environ 4 ans.  Sur la partie supérieure de la tête, autour des yeux et de la tache jaune du front, le vert est voilé bleuté.  Ils ont un bec de couleur corne, en général rosé qui devient plus foncé vers la pointe. Mais sur ce point il y a des exceptions.  Chez certains oiseaux, le bec a nettement des plus grandes parties foncées ou par-ci, par-là des taches noires.  L’œil orange est entouré d’un cercle nu blanc et ils ont les pattes de couleur chair clair.  La plupart de ces oiseaux ont aussi les ongles des doigts de couleur corne clair mais là aussi il y a des exceptions comme pour le bec, ici aussi certains oiseaux ont des ongles avec un peu de noir.  Une chose est certaine, la mandibule supérieure n’a pas les taches rougeâtres qui se retrouvent chez la forme nominale de l’amazone à front jaune et celui-ci a aussi le bec de couleur gris/noir et pas de couleur corne.  Les amazones à front jaune de forme nominale sont en règle générale aussi d’une teinte vert foncé et la cire du nez est aussi plus foncée que chez l’amazone de Panama.  La différence chez les jeunes des deux espèces est au début un peu plus difficile à distinguer car les eux sont d’un vert plus clair avec moins de jaune et de rouge.



Habitat et territoire

Dans la partie inférieure de l’Amérique centrale, au sud du Costa Rica, comme pays de transition vers l’Amérique du Sud il y a le Panama et comme le nom amazone du Panama nous le dit, ils sont endémiques du pays y compris les îles Pearl et Coiba.  Pourtant leur territoire est aussi à l’extérieur des frontières Panaméennes.  Ainsi vers le sud jusqu’au sud-ouest de la Colombie et l’ouest du Venezuela.

A l’état sauvage ce sont des oiseaux très sociaux qui vivent en couples, groupes familiaux ou en petits groupes de plusieurs couples jusqu’à une centaine d’oiseaux.  Dans la journée pourtant ils sont souvent vus seuls, il s’agit alors la plupart du temps d’oiseaux adultes qui, une fois à maturité sexuelle, ont formé des couples permanents.
Ils habitent tous types de terrains avec des arbres, dans des régions tropicales et sub tropicales sèches et humides jusqu’à une hauteur de 750 m mais aussi des savanes et des régions avec des hauts arbustes.  Ils ont une préférence pour les lisières des forêts.  A côté de cela, ils sont vus régulièrement dans des régions cultivées, des plantations de cafés, dans et autour des villages où ils peuvent se nourrir de fruits, graines, noix, baies et les fleurs et bourgeons des arbres comme les Anacardium, Salacia crassifolia, Astronium fraxinifolium et les palmiers Mauritia.  Les oiseaux viennent aussi visiter des plantations de fruits goyave pas encore mûr ou peuvent pendant des semaines entières visiter les même arbres à Mango jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à retirer.  Pourtant leur comportement semi nomade nous donne comme information qu’ils sont dépendants des sources de nourriture imprévisibles et pour cela, lors de la présence de graines ou de fruits mûrs ils passent d’arbre en arbre dans la forêt.



Chez les amateurs.

Les amazones du groupe des fronts jaunes (amazona ochrocephala) sont des oiseaux qui ont la cote chez les amateurs.  Cette très grande famille varie de Mexico, via l’Amérique centrale vers le nord et le centre de l’Amérique du sud.  La différence entre les sous-espèces de ces
amazones ochrocephala est déterminée par les différences de quantités plus  ou moins important de jaune sur leur tête.  Ils ont tous la même intelligence élevée et la possibilité de parler mais il existe entre les sous-espèces de grandes différences de personnalité.  Les espèces plus au nord sont souvent plus sauvages et dans certains cas ceci se traduit dans un comportement agressif.  Les espèces plus au sud ont en règle générale un caractère plus doux.
Le meilleur exemple est l’amazone de Panama, intelligent, curieux et affectueux.  C’est pourquoi il s’agit d’un des amazones les plus recherchés au sein de cette famille, avec comme réputation d’être un des meilleurs oiseaux de compagnie alors qu’actuellement il devient de plus en plus rare dans les commerces.  Leur intelligence élevée a fait qu’ils ont toujours été populaires comme animaux de compagnie.  Généralement ils commencent très rapidement à imiter des bruits et certains sont devenus de très bons parleurs.  Malgré ces caractéristiques, certaines exceptions peuvent aussi être très bruyantes.  Cette popularité a fait que dans les années 70, ils étaient forts demandés comme animal de compagnie et pour cette raison ont été à cette époque importés en grand nombres.  Cette capture d’oiseaux sauvages (maintenant illégale) a certainement contribué à la diminution de la population de cette espèce.  Pour cette raison, le statut sur la liste rouge d’IUCN est actuellement qualifié comme menacé.  Du fait de cette importation massive antérieure, l’on pourrait croire qu’ils sont encore présents en grande quantité aux Pays-Bas mais l’on voit qu’ils deviennent de plus en plus chez les amateurs.  Un désavantage complémentaire est que la plupart des oiseaux seuls que l’on trouve encore comme animal de compagnie proviennent de la période d’importation des années 70 et donc qu’ils sont souvent déjà très vieux.

Logement
Les amazones supportent les températures changeantes, mais ils doivent rester en dehors du courant d’air.  Ils aiment à être à l’extérieur et profitent de l’interaction d’une diversité de perchoirs de différents diamètres et texture.  Un perchoir d’une texture plus rugueux à la place d’un perchoir glissant leur est plus facile pour rester sans trop se bouger sur un perchoir et est donc meilleur pour leurs pattes et jambes.   Placez un des perchoirs toujours le plus haut possible.

L’élevage
Les amazones de Panama sont actuellement bien reproduites en captivité.  Ils sont adultes à l’âge de 4-5 ans.  Il n’y a pas de dimorphisme, ce qui veut dire que les femelles ressemblent aux mâles.  Comme identification des sexes, il faut donc employer l’ADN ou l’endoscopie.  Un couple doit être harmonieux et attaché l’un à l’autre.  Ils peuvent avoir un nichoir de propre fabrication, qui peut varier en hauteur de 50 à 100 cm et qui est fabriqué en bois épais ou multiplex avec un diamètre intérieur de 30 à 35 cm et un trou d’entrée de 10 – 12 cm ou un nichoir bûche  soit un tronc évidé ayant les mêmes dimensions.  En règle générale ils ne sont pas trop difficiles dans leur choix.  Veillez à un peu de copeaux doux sur le fond du nid.  Veillez aussi à avoir une trappe de contrôle qui peut être ouverte par l’extérieur sans trop déranger les oiseaux.  La femelle va couver seule les 3 à 4 œufs pondus pendant 26 – 28  jours alors que le mâle reste dans le voisinage.  Les jeunes quittent le nid au bout de 8 à 12 semaines.  Comme beaucoup de perroquets, le mâle va d’abord aller manger pour lui pour ensuite nourrir la femelle pendant qu’elle couve ses œufs, comme il fera plus tard pour les jeunes.  Pendant cette période il semble un peu moins difficile dans le choix de ce qu’il mange.
A côté de la couleur sauvage, il y a quelques mutations bleues connues de l’amazone de Panama qui jusqu’à pas longtemps était la possession d’un amateur Néerlandais mais depuis peu ont été vendus en Italie.



Agression hormonale
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Vous voulez aussi élever des amazones ?  Pensez au fait qu’ils ne sont pas toujours les plus faciles.  De par leur intelligence élevée, ils peuvent être très sélectifs dans la recherche de leur partenaire et pour cette raison ne pas toujours être très gentils l’un envers l’autre.  Trop de présence humaine dans leur environnement de reproduction, qui n’est pas directement lié au nourrissage, peut apporter une agressivité envers le partenaire quand vous êtes présent.
Ils peuvent devenir agressif pas seulement envers leur partenaire, mais aussi envers leur soigneur et surtout pendant la période de reproduction.  Pendant cette période, les perroquets amazones sont connus pour leur phase d’agression « hormonale ».  Ceci est le résultat de « devenir adulte », cette phase à lieu le plus souvent entre l’âge de 5 à 12 ans.  Pendant cette période, il y aura une ou deux années pendant laquelle ils peuvent être très agressifs.
Ce sont surtout les amazones oratrix et amazones à nuque jaune qui peuvent être dangereusement agressifs.  Une attaque d’un mâle qui est excité par une montée d’hormone peut être sauvage et ne s’arrête généralement pas par une morsure.
Les amateurs débutants sont alors souvent stupéfaits par le fait que leur, précédemment, animal de compagnie, si gentil qu’ils pouvaient caresser ne les supporte plus. C’est aussi un fait qu’au plus ils étaient apprivoisés, au plus ils seront agressifs vers l’homme en période de reproduction et ceci est dû au fait qu’ils ne connaissent pas de peur envers l’intrus humain.  Donc, ne pas entrer dans la volière pendant cette période est le mieux et le plus sans danger pour vous-même et d’autres visiteurs.
Heureusement, quand ils deviennent plus vieux et une fois cette période passée, ils deviennent en règle générale plus calme, avec peu ou pas d’agression et ceci surtout en dehors de la période de reproduction.  Par contre, les agressions, mais en moindre mesure vont toujours rester pendant la période de reproduction.
Les plus petites espèces d’amazones sont généralement moins susceptibles que les grandes pendant la période de reproduction.  Les femelles ont la plupart du temps aussi plus calmes que les mâles pendant cette phase.