Aout 2015


Mon premier succès de reproduction avec l’Ara macavouanne

Orthopsittaca manilatus

Vanbeginne William


Généralités
L'Ara macavouanne, anciennement Orthopsittaca manilata, est une espèce de perroquets de la sous-famille des Psittacinae au plumage à dominante vert.

Cet oiseau mesure entre 46 et 51 cm et pèse entre 290 et 390 grammes. L'Ara macavouanne est un ara vert de taille moyenne qui ne présente pas de dimorphisme sexuel. Les parties supérieures sont vertes y compris les ailes et la queue. Sur le dessus des ailes, les rémiges sont vertes bleuâtres. Sur les parties inférieures y compris le menton, la gorge et la poitrine se présentent un dessin écaillé, avec un plumage grisâtre aux liserés verts. Sur le bas de l'abdomen et le bas-ventre, on peut voir une tache rouge. Les plumes sont jaune olive terne sous les ailes et la queue. La tête est couverte de peau nue jaune et granuleuse. Le front est bleu-gris. En descendant vers la nuque, les plumes sont plus vertes. Le bec est crochu et noir. Les yeux sont brun foncé. Les pattes ainsi que les doigts sont gris. Les jeunes ont le plumage plus terne et le bec plus pâle. La tête est jaune claire.





 
Il vit dans son habitat mais peut se trouver à effectuer des déplacements saisonniers dans certaines zones. C'est un oiseau très bruyant et grégaire. Il vit en groupe comportant au moins 100 individus. Ils dorment la nuit tous ensemble dans les palmiers. L’ara macavouanne se nourrit au milieu des frondaisons des Aguajes où il est pratiquement invisible avec son plumage vert. Les matins, ils montent au sommet de l'arbre pour prendre des bains de soleil et faire leurs toilettes. Ensuite ils voleront vers les zones de nourrissages. Pendant la période de reproduction les groupes sont moins importants. Les couples partent du groupe pour nidifier.

La saison de reproduction varie selon l'endroit le pays où il vit. L'ara macavouanne nidifie dans les troncs des palmiers morts et dont le pied et dans l'eau ce qui permet de mieux protéger les petits contre les prédateurs. La femelle peut déposer entre 2 et 4 œufs blancs. L'incubation dure environ 23 à 26 jours. Les jeunes restent dans le nid jusqu'à 73 à 78 jours. Ensuite, ils resteront en groupes familiaux et rejoindront les grands groupes et les dortoirs communautaires.

Cet oiseau se nourrit principalement des fruits de l'Aguaje. On trouve ces fruits de décembre à juin. Ils sont rouges et ont des écailles régulières qui recouvrent une noix dure et une pulpe riche.

L'ara macavouanne effectue un vol rapide avec des battements d'ailes ferme. Il n'est pas discret en vol.

L'Ara macavouanne lance des cris très hauts. En vol, il émet des « choii-aa », ou des « wrr-rake » sonores et des « secret » rythmés. Quand il mange, il émet des genres de ronronnement et quelques cris rauques.


Le couple reproducteur

Historique:
J’ai fait l’acquisition de mon couple d’ara macavouanne en Slovaquie.  A deux, avec un ami, nous sommes partis un week-end en Slovaquie pour aller chercher 2 couples, un pour lui et un pour moi.  Les deux couples étaient d’élevage, bague fermée et déjà âgés de 3 ans.  Les oiseaux étaient impeccables et nous les avons emmenés avec nous.  Après la quarantaine, et les tests habituels (PBFD et PDD) ils ont été logés avec les autres oiseaux.

Logement :
Le couple d’ara macavouanne a été logé dans une volière de 2,5 m de long, 80 cm de large et 2 m de haut + une volière extérieure de 1,5 m de long.  Un nichoir buche leur a été directement installé de 80 cm de haut et avec un diamètre intérieur de 30 cm.  Dans le fond du nid il y a  des copeaux de bois.
Ce sont des oiseaux assez nerveux, très bruyants avec un cri très perçant et qui se font beaucoup entendre.  Ce ne sont donc pas des oiseaux qu’il est possible de garder en région fort habitée.
Ils sont très vite rentrés au nid et une fois qu’ils ont pris cette habitude, dès qu’ils m’entendaient, ils plongeaient se cacher dans le nid.  S’ils ne savaient pas que j’étais là, ils étaient sur leur perchoir et s’occupaient l’un de l’autre.

Nourriture
Voici le point sensible de ces aras nains, la nourriture.  Dans la nature ils vivent et se nourrissent des fruits de palmier Aguaje et ils ont donc une alimentation très particulière car très riche.  Dans la nature, ils volent beaucoup et donc dépensent beaucoup d’énergie.  Il faut donc trouver un bon compromis dans nos volières où leur activité physique est quand même moindre et limitée.
Personnellement je leur donne un mélange de graines qui comportent quand même assez bien de graines grasses (tournesol) mais ils reçoivent beaucoup de fruits.  Ceux-ci sont généralement mangés en premier lieu.
Ils reçoivent aussi des extrudés de la marque Zupreem qu’ils mangent vraiment bien.
Ils ont à leur disposition un bloc de grit et de la pâtée à l’œuf mais celle-ci est plutôt boudée.

Reproduction
L’ara macavouanne est un oiseau qui a été importé en grande quantité.  Je me souviens que les importateurs disaient que pour pouvoir obtenir et importer des araraunas et des chloroptères, ils étaient obligés de prendre un quota « important » de macavouannes.  A l’époque il était possible d’acheter un couple pour très peu d’argent (50€).  Où sont partis tous ces oiseaux car il est actuellement difficile de trouver un couple.  Et bien, je crois que dû à leur particularité, au niveau alimentation, 99% de ces oiseaux sont décédés !
Je possédais ces oiseaux depuis deux ans quand j’ai trouvé mon mâle mort.  Rien de spécial à voir … la veille, tout allait bien et l’oiseau n’était pas maigre.  Probablement mort d’une crise cardiaque !  A commencé alors un long moment de recherche avec comme résultat : rien.  Oui, essayer de me soutirer de l’argent avec des annonces et des oiseaux provenant des pays de l’est et lorsque je demandais plus de détails et photos, l’on m’envoyait des photos reprises sur internet. Donc des arnaques !
En septembre 2014 je me suis rendu avec des amis à Zwolle et là, un Hongrois vendait un mâle, bague ouverte de sexage, ex import, d’après le vendeur reproducteur (humm) et l’oiseau paraissait en bonne santé.  Le vendeur pouvait me présenter un cites et papiers de sexage par endoscopie. Et à ce moment-là il faut tenter un coup de poker.  Je suis rentré avec l’oiseau et après un contrôle chez le vétérinaire, tout paraissait en ordre. Après une quarantaine j’ai ajouté le mâle à la femelle.  Tout se passait bien, la femelle a accepté directement le mâle.
L’hiver s’est déroulé sans problème et au printemps je me suis rendu compte que les oiseaux passaient beaucoup de temps au nid et à un certain moment que beaucoup moins de nourriture était mangée.  Ceci est un signe chez les aras que quelque chose s’est ou va se passer.
Chaque semaine je contrôle les nids de tous mes oiseaux, et ceci toute l’année, ainsi les oiseaux ont l’habitude de cette manœuvre et lorsqu’ils y a des œufs ils sont moins stressés.  Ceci n’était pas le cas avec les macavouannes car lors des contrôles, les oiseaux quittaient le nid, paniqués et en criant un maximum.  Pour cette raison j’ai diminué, chez eux, la fréquence des contrôles.
Donc, ici je devais savoir ce qu’il se passait ?  Un oiseau mort dans le nid ou autre chose ?  Et bien à ma grande surprise, il y avait 2 œufs dans le nid et d’après moi, un des deux certainement fécondé.  J’ai vite refermé le volet de contrôle et laissé les oiseaux tranquilles.  Le mâle avait quitté le nid mais la femelle était restée sur ces œufs.  La semaine suivante un autre contrôle et je me suis rendu compte que quelque chose n’allait pas car un des œufs était noir.  J’ai enlevé les deux œufs pour les placer en couveuse car je ne voulais prendre aucun risque.
Après avoir contrôlé les œufs au mire-œuf, je me suis rendu compte que la femelle n’avait pas tourné ses œufs car chez l’œuf noir, l’embryon était collé d’un côté de l’œuf, mort, bien entendu.  Le second œuf était fécondé aussi mais je ne pouvais pas dire s’il vivait ou pas.  Ce n’est que 5 jours avant l’éclosion que le Buddy m’a renseigné avec précision que l’embryon vivait.  Avant les pulsations cardiaques étaient totalement irrégulières.
Le 8 avril le poussin est né après avoir toqué pendant 3 jours.  Il pesait 12 gr à la naissance et la particularité de ce petit ara est qu’il avait le duvet blanc de même que le bec et les ongles.  Ce n’est qu’au bout de 3
semaines que le bec et les ongles ont commencés à changer de couleur et s’obscurcir.  Je vous propose d’aller voir les photos pages 329 à 332 pour suivre le développement du poussin, les photos montrent plus que de longues explications.  Nous sommes maintenant début juillet et ce poussin est considéré comme sevré car il mange seul.  Malgré qu’il ait été élevé main, il s’agit d’un oiseau relativement nerveux.  Il a été élevé ensemble avec un Maracana.  Comme je compte le garder pour l’élevage je voulais qu’il ait un autre oiseau en sa compagnie pour qu’il ne soit pas imprégné par l’homme.  C’est un oiseau qui ne reste pas sur place et qui bat très souvent des ailes.  Il adore se pendre au-dessus de sa cage et faire le clown.


Poussin âgé d’une semaine

Poussin âgé d’une semaine

Poussin âgé de 4 semaines


Poussin âgé de 4 semaines

Poussin âgé de 7 semaines

Poussin âgé de 8 semaines

Poussin âgé de 11 semaines 

Dans la volière


Voici une table de la prise de poids de l’oiseau le premier mois

8/4         12 gr
15/4        26 gr
23/4        63 gr
1/5        139 gr

Dès que j’étais sur 100 % qu’il mange bien seul je l’ai déménagé dans ma volière de socialisation.  J’y ai encore un mâle d’ara Nobilis de 2014 et un mâle d’ara de Coulon qui lui ont tenu compagnie. Il s’agit d’une volière de 6 m x 2 m dans laquelle je place les oiseaux qui vont servir à l’élevage et qui doivent oublier l’homme.  Après quelques jours d’efforts pour apprendre à voler et atterrir au bon endroit, il se débrouille très bien maintenant.
Entre-temps, j’ai eu la surprise d’avoir une seconde ponte des parents et à nouveau, deux œufs ont été pondus.  A nouveau un œuf était fécondé et un poussin est né.  Celui-ci a maintenant une quinzaine de jours.  Cet oiseau-là me permettra de pouvoir faire un échange et de composer un couple non consanguin.



Sexage
J’ai été confronté à un problème pour le sexage du poussin.  J’ai envoyé un échantillon pour pouvoir sexer le poussin à l’un de nos labos (qui fait la pub dans notre revue) en leur demandant s’ils pouvaient sexer les aras macavouannes.  Ils m’ont répondu par l’affirmative.  J’avais « entendu dire » qu’il y avait un problème avec le sexage de ces oiseaux.  Ils allaient faire le test de 3 manières différentes et comparer les résultats.  Trois semaines plus tard, n’ayant pas de nouvelles je les ai appelé et ils m’ont annoncé que d’après les tests faits, il s’agissait d’une femelle mais que sur le nombre d’échantillons testés (qui n’était pas important) sur des aras macavouannes, les résultats des tests étaient quasiment tous des femelles et après avoir pris des infos chez un autre labo en France, ceux-ci avaient le même résultat. Ils n’étaient donc pas sûrs du  résultat et m’ont demandé d’envoyer des plumes des parents dont j’étais à 100% sûr du sexe.  J’ai fait cela et quelques semaines plus tard, le verdict est tombé.  Il n’est pas possible de sexer les aras Macavouannes par ADN, il n’y a pas de différence.  La seule manière fiable est l’endoscopie.  Je vais donc attendre un peu que le poussin soit un peu plus âgé pour le faire chez mon véto. 

Conclusion
Si vous aimez les petits aras, c’est un oiseau magnifique avec une tête très particulière mais qui malheureusement n’est pas à mettre dans les mains d’un éleveur inexpérimenté.
Après cette réussite, il me reste encore un ara nain qui n’est pas encore né chez moi et c’est l’Ara Nobilis Cumanensis pour lequel, j’espère un jour, pouvoir vous faire un petit récit.