Mai 2014

Les perroquets pygmées, de petits miracles


P.R. mai 2014
Piet Rozendaal
Traduction : William Vanbeginne

Nous ne connaissons encore très peu de choses sur l’existence et les habitudes de vie du plus petit et peut-être aussi le plus spécial de tous les psittacidés.  Ceci est clair par le fait que certains amateurs pensent que le plus petit des psittacidés est l’espèce Forpus provenant d’Amérique du Sud.  Ces gens-là se trompent.  Le plus petit des psittacidés vit de  l’autre côté du monde, en Nouvelle Guinée et les îles voisines et ce sont les perroquets pygmées.  Avec ces 8 cm de grandeur, le perroquet pygmée Scalters (Micropsitta pusio) est le plus petit psittacidé et les autres membres de cette famille ne sont pas beaucoup plus grands.
Ces petits oiseaux, adultes, pas plus grands qu’un pouce, sont même plus petits que certains insectes avec lesquels ils partagent la forêt.  Le poids moyen d’un perroquet pygmée n’est que de 11,5 gr.

La sous famille Micropsittinae
La sous famille de psittacidés Micropsittinae ne comprend qu’un seul genus Micropsitta, dans lequel il y a 6 espèces avec à nouveau différentes sous-espèces.  Tous ensemble ils sont connus sous le nom de perroquets pygmée ou micropsittes.  Ce sont les plus petits de toutes les espèces de perroquets et comme déjà dit précédemment, ils sont même plus petits que le plus petit Forpus.  En opposition aux espèces de Forpus, qui sont très populaires et facile à détenir et à faire reproduire, les perroquets pygmée ne savent pas être détenus en captivité et pour cette raison ne sont pas disponibles parmi les amateurs.
L’on n’est encore jamais arrivé à les garder en vie en captivité.  En général, ils meurent très rapidement, souvent déjà quelques heures après avoir été capturés.
Pourquoi ils meurent aussi rapidement et les perroquets plus grands pas, est jusqu’à ce jour difficile à expliquer.  Une des raisons est que ce ne sont pas des mangeurs normaux et qu’ils aspirent à des besoins alimentaires spécialisés composé de mousses d’écorce, de moisissures et de mousses.  Ces besoins seraient la raison la plus évidente de leur mort rapide.  En opposition aux autres espèces de perroquets qui sont mangeurs de graines et de fruits, les perroquets pygmées grignotent les mousses d’écorces et les moisissures et en mangent aussi.  Déjà en 1942, l’on s’est rendu compte pour la première fois que le micropsitte à poitrine rouge se nourrissait de moisissures.  Ces moisissures ont été décrites comme « une espèce de gelée qui grandit sur l’écorce ».  Malheureusement, notre connaissance plus lointaine de leur diète s’est vite retrouvée dans une impasse à ce sujet.  Nous savons que les Kakapos, Kéas et d’autres espèces de perroquets mangent parfois un peu de mousses d’écorce mais seuls les perroquets pygmées ont les adaptations physiques qui leur permettent de se spécialiser dans la collecte de ceux-ci.  Pour ceci, ils bougent comme de petits écureuils le long des troncs et enlèvent des arbres leur écorce à la recherche de ces moisissures, ce qui fait que sur les troncs des arbres surgissent des cicatrices très caractéristiques.  Lors d’autres observations, il semblerait qu’ils se nourrissent aussi des larves de paillons, mites et coléoptères.  Cependant, quasiment rien n’est connu sur leur diète totale.  Ceci est aussi dû au fait que des observations sont difficiles dans la couverture dense de la forêt vierge.  Les perroquets pygmées qui ont été capturés refusent de manger en captivité des fruits, des graines ou des insectes.  En plus, ces si petit oiseaux sont souvent très sensibles au stress et ils ont probablement aussi un métabolisme très rapide pour leur format, ce qui fait qu’à cause de manque de nourriture, ils vont très rapidement mourir de faim lorsqu’ils ne mangent pas.

Description et habitudes
Les mâles et femelles adultes sont différents en apparence sous différentes formes, dépendamment de l’espèce.  Le micropsitte de Bruijns est le plus panaché de couleur mais chez la plupart des autres espèces les femelles ont en règle générale des couleurs moins remarquées sur la tête.  Le plus petit des perroquets pygmées, le micropistte Scalters (micropsitta pusio) n’a qu’une longueur de 8 cm.  Les autres espèces peuvent aller jusqu’à 9,5 cm de longueur.  Comme adaptation pour la collecte de leur diète étrange, ils ont une queue courte avec des hampes de plumes rigides qui sont dirigées vers l’extérieur.  Ces noyaux intérieurs des plumes de la queue sont un peu rallongés et à l’extrémité dépassent un peu des plumes de la queue, ce qui fait que cela ressemble un peu comme s’ils avaient de petites aiguilles à la pointe des plumes de la queue.  En plus de cela, ils ont en proportion de relativement grandes pattes avec des doigts étirés en longueur et des ongles longs et recourbés. Aidé de ces adaptations, les perroquets pygmées grimpent en haut et en bas  le long des troncs à la recherche de nourriture.  Ils font pour cela des mouvements sous forme de chocs avec la tête et s’accrochent à l’écorce de l’arbre lorsqu’ils recherchent de mousses d’écorce.  Cette habitude est la même que font par exemple les alouettes et les pics et pour cette raison, aux Pays-Bas, ces oiseaux ont aussi le nom de « spechtpapegaaitjes » (traduction petit perroquet pics).

En général, on les retrouve par couples ou en groupes familiaux, rarement seuls ou dans des groupes de 20 oiseaux et plus.  Pourtant, à cause de leur format, on ne les remarque pas facilement malgré les couleurs vivantes de certains mâles, leurs cris fréquents aigus et de ton élevé, leur gazouillement doux et leur constante activité avec des mouvements de tête hectique.  Leur petit format les aide à paraître discrets.  La meilleure chance de les voir est sur les termitières arboricoles ou lorsqu’ils cherchent de la nourriture le long des troncs d’arbres ou sur des buches d’arbres pourrissantes.  Leur vol est rapide avec des coups d’ailes audibles.  Ils ont une préférence pour les couches médianes et hautes des arbres.  Les couples et les petits groupes restent ensemble pendant qu’ils se nourrissent.

Il est possible que les perroquets pygmées se reproduisent toute l’année.  Une espèce, le micropsitta bruijnii couve dans des trous d’arbres dans un tronc pourrissant.  Les autres espèces font eux même leur trou pour nicher dans des termitières vivantes de termites arboricoles, et ceci peut varier de quelques mètres jusqu’à 25 mètres au-dessus du sol.  L’entrée est située dans la partie inférieure de la termitière.  A l’aide de leur bec et griffes, un trou est fait pour ensuite creuser un tunnel mince, qui, via une courbe, ronde mène vers une chambre d’environ 20 cm qui se trouve à 15 cm au-dessus de l’entrée.  Le nid est en général tapissé d’une fine couche de copeaux qui provient de la termitière.

Ils pondent en général de 2 à 3 œufs.  La femelle couve de la journée et est nourrie de temps en temps par le mâle.  Il n’y a pas plus d’informations sur le temps de couvaison ou des histoires de nidification.  La construction du nid prend quelques semaines et parfois ils font un nid avec deux entrées.  Ils n’emploient pas ce nid uniquement pour se reproduire, ils sont très sociaux et passent la nuit ensemble en communs dans des nids dortoirs.  Il y a un cas où l’on a retrouvé six adultes et deux jeunes dans un même nid.  Ils ne sont pas menacés.  Certaines espèces se rencontrent en relativement grand nombre et de certaines espèces leur territoire est immensément grand.  Sur certaines îles il est possible de les approcher de relativement près, alors que d’autres sur le continent sont beaucoup plus rares.  Mais avant de pouvoir les approcher, il faut parfois bien chercher pour les trouver et ensuite être très prudent pour les approcher.  Ils réagissent généralement directement sur le son de la voix humaine et alors disparaissent.

Diffusion
On les retrouve dans les forêts des régions basses subi -tropicales ou tropicales sur quelques îles indonésiennes autour de la Nouvelle Guinée.   En Nouvelle Guinée même, depuis l’ouest en passant par les régions basses nordiques découlant vers le point sud-est de l’île jusqu’à une hauteur d’environ 800m au côté est.  Egalement sur certaines îles dans l’Archipel Bismarck comme les îles Salomon.

Les six espèces de micropsittes

Micropsitte pygmée

1)    Le micropsitte pygmée Micropsitta keiensis keiensis (Salvadori 1876) également appelé micropsitte de l’île Kai. Couleur générale verte, crête verte, la face plus brune, transition vers le vert plus bas sur les joues, plumes de la couverture du dessous de la queue jaune, plumes centrales de la queue bleue, plumes latérales de la queue vert/noir, bec gris, yeux bruns.  Ce micropsitte a 3 sous-espèce, inclus la forme nominale.
Territoire : il se retrouve sur les îles Kai et Aru dans la province Maluku à l’est de l’Indonésie.

2)    Micropsitta keiensis viridipectus (Rotschild 1911).  Il est identique à la forme nominale mais est plus foncé, gorge brune mélangée à du jaune
Territoire : le sud de la Nouvelle Guinée

3)    Micropsitta keiensis chloroxantha (Oberholser 1917). Crête plus matte, le mâle a des taches rouges sur les parties inférieures jaunes et jaune, vert chez la femelle.
Territoire : ils se retrouvent à l’ouest de la Nouvelle Guinée, les îles Ouest Papua, Vogelkop et la presqu’île Onin.

Micropsitte de Geelvink

1)    Micropsitte de geelvink; Micropsitta geelvinkiana geelvinkiana (Salvadori 1871)
Mâle: plumes de la couverture du dessous de l’aile vertes, front, région entre les yeux et oreilles, joues et couverture des oreilles gris, brun profond, les plumes des joues sont liserés de bleu foncé, la crête mauve, bleue, au-dessus de l’œil et derrière la tête une tache jaune variable, gorge bleue, aux côtés du devant du cou orange, jaune, les plumes centrales de la queue bleues, les plumes latérales vertes, noires, bec gris et yeux brun, rouge
Femelle : face et joues plus pâles avec l’arrière des joues et la couverture des oreilles vertes, la tache jaune à l’arrière de la tête est manquante, ventre vert, jaune.  La couronne bleue est plus claire chez le mâle et a plus de taches vertes sur la tête.  Il y a deux sous-espèces, la forme nominale incluse.
Territoire : il se retrouve sur l’île Numfoor
2)    Micropsitta geelvinkiana misonensis (Salvadori 1876).
Mâle : tête plus foncé gris, brun avec du jaune, taches orange sur le ventre
Femelles : le jaune dans le cou est absent, crête bleue et partie inférieure verte
Territoire : il se retrouve sur l’île Biak, la plus grande des îles Schouten, devant la côte nord de West Papoea (la partie indonésienne de Nouvelle Guinée) à l’entrée de la baie Geelvink



Micropsitte à tête fauve

1)    Micropsitte à tête fauve Micropsitta pusio pusio (Sclater, PL 1866)
En plus de Micropsitte à tête fauve, il est aussi nommé micropsitte Scalter.  Il s’agit probablement du plus petit perroquet entre tous, avec une moyenne d’environ 8 cm de long et un poids d’environ 11,5 gr.
Les mâles et les femelles se ressemblent, sauf les marques sur la tête sont moindre chez la femelle et la couleur du visage est plus pâle. Le plumage est principalement vert avec une tinte jaunâtre sur le ventre.  Les joues, face et la couronne sont de couleur jaune mat.  Il y a une tache de couleur bleu foncé sur le dessus de la tête vers l’arrière de la tête.  Les yeux sont brun foncé et le bec est gris, les pattes sont grisâtres avec des teints roses ou bleus.  Les oiseaux qui ne sont pas adultes n’ont pas la couronne bleue (remplacée pas du vert) et ils ont une tête nettement moins jaune.
Territoire : ils se retrouvent au sud-ouest de Nouvelle Guinée, à l’ouest jusqu’à Astrolabe Baai à la côte nord et jusqu’à la rivière Purari au sud mais aussi dans l’Archipel de Bismarck.
Les micropsittes à tête fauve ont 4 sous-espèces incluant la forme nominale.
2)    Micropsitta pusio harteri (Mayer 1914)  La tête est colorée d’un jaune plus profond, la gorge d’un teint bleu et moins de jaune su la partie inférieure.
Territoire : On le retrouve sur la Ferguson Island dans l’Archipel d’Entrecasteaux.
3)    Micropsitta pusio stresemanni (Hartert 1926)  Ils sont un peu plus grands et ont le ventre un peu plus jaune.
Territoire : Ils se retrouvent  sur les îles Misima et Tagula dans l’Archipel Louisiade.
4)    Micropsitta pusio beccarii (salvador 1876)  Ils ont un plumage de couleur générale plus foncé.
Territoire : Ils se retrouvent au nord de la Nouvelle Guinée et les îles qui s’y trouvent, Manam, Karkar et Rook island dans l’Archipel Bismark de Astrolabe baai jusqu’à Geelvink baai.

Micropsitte de Meek

1)    Le micropistte de Meek Micropsitta meeki meeki (Rotschild & Hartert 1914) est de couleur générale verte, vaguement gris, brun taché de jaune, la ligne de courbure des sourcils est de couleur jaune clair, le cou et ventre jaune, les cuisses vertes, la couverture sous alaire est jaune, les plumes centrales de la queue, vertes, bleues et les latérales bleues, noires, le bec est rose, la cire et le pourtour de l’œil est rose et l’œil est jaune.  Cette espèce a deux sous-espèces, incluse la forme nominale.
Territoires : il se retrouve sur les îles Admiraliteits.
2)    Micropsitta meeki proxima (Rotschild & Hartert 1924)  La face est un peu plus claire, plus jaune, gris.
Territoire : ils se retrouvent sur les îles St Matthias & Squally.

Micropsitte de Finsch

1)    Le micropsitte de Finsch Micropsittafinschii finschii (Ramsay, EP 1881)
Mâle : de couleur générale vert, il est bleu à la base du dessous de la joue, orange, rouge au milieu du ventre, la couverture du dessous de la queue est jaune, les plumes centrales de la queue sont vertes, bleues, au centre noires, bec gris foncé, cire et cercle de l’œil rose, œil orange, rouge
Femelle : rouge, rose à la base du dessous de la joue, l’orange, rouge sur le ventre est absent, la cire et le pourtour de l’œil est bleu, gris.
Cette espèce connait 5 sous-espèces, incluse la forme nominale.
Territoire : il est restreint à New Ireland et Bougainville en Papoea Nouvelle Guinée et les îles Salomon, inclus San Cristobal, Uki et Rennell.  Il y est une espèce assez commune dans les bois de régions basses
2)    Micropsitta finschii aolae (Ogilvie & Grant 1888).  Le mâle a une tache bleu clair sur la crête et pas de rouge sur la partie inférieure.
Territoire : Guadalcanal, Malaita et les îles Rusell dans les îles Salomon.
3)    Micropsitta finschii tristami (Rothschild & Hartert 1902).  Crête verte et le mâle n’a pas la tache orange, rouge sur le ventre.
Territoire : ils se retrouvent sur Vella Lavella, Gizo, Kulambangra, Ne Georgia, Rubiana, Rendova
4)    Micropsitta finschii nanina (Tristram 1899).  Reflet bleu sur la crête et le mâle n’a pas la tache rouge sur le ventre.
Territoire : Bougainville, Choiseul, Ysabel et Bugotu dans les îles Salomon.
5)    Micropsitta finschii viridifrons (Rotschild & Hartert 1899). La crête, les joues et le menton sont bleus, certains mâles ont une tache rouge sur le ventre.
Territoire : Ils se retrouvent sur les îles Lihir, New Hanover, New Ireland dans l’Archipel Bismarck.



Micropsitta de Bruijns

1)    Le micropsitta de Bruijns Micropsitta bruijnii bruijnii est le plus riche en couleur.  Le mâle est de couleur générale verte avec la crête rouge vers brun, orange, il a une ligne de cou d’un bleu profond à partir de la région derrière les oreilles, comme collier autour du cou, la poitrine bleue, le cou orange, les joues et la couverture des oreilles rouge pâle, les plumes centrales de la queue bleues, le bec est de couleur corne, gris à la base.  La cire et le pourtour de l’œil est rose et les yeux bruns.
Femelle : couleur générale verte, les marques rouges sont absentes, crête brun foncé, le front et les joues sont blanc cassé pâle, le côté de la poitrine et le cou sont bleues, la cire et le pourtour de l’œil est gris. 
Ils se retrouvent dans les forêts plus fraîches, les régions boisées subtropicales et tropicales de l’ouest Nouvelle Guinée, Papoea Nouvelle guinée et les îles Salomon.  Ils vivent à de plus grandes hauteurs que les autres espèces de Micropsittes et emploient des trous dans les arbres pour nicher à la place de termitières dans les arbres.
Les micropsitta de Bruijs n’ont qu’une moyenne de grandeur de 8,5 cm.
Territoires : les montagnes de l’ouest de Nouvelle Guinée, Vogelkop, Papua Nouvelle Guinée
2)    Micropsitta bruijni pileata (Mayer 1940).  Le mâle a une crête rouge foncé qui continue vers la couleur bleue du dos.
Territoire : Les montagnes de Seram dans le sud des Molukke, Indonésie.
3)    Micropsitta bruijni necopinata (Hartert 1925).  Le mâle a une crête brune avec le milieu jaunâtre, les joues et la poitrine sont rouge, orange et le dessous de la queue est jaune.  La femelle a la crête bleue, mauve.
Territoire : New Britain, New Ireland dans l’archipel de Bismarck.
4)    Micropsitta bruijnii rosea (Mayer 1940).  Le rouge est de couleur plus intense
Territoire : Bougainville, Guadalcana, Kulambangra dans les îles Salomon.
5)    Micropsitta bruijniiburuensis (Ardnt 1999).  Il s’agit de la dernière espèce déterminée dans les montagnes de Buru dans le sud des Molukkes, Indonésie.