Novembre 2014


La perruche Palliceps ou omnicolore à tête pâle


P.R. octobre 2014
Retravaillé par Bert Van Giels
Traduction : William Vanbeginne


Introduction
L’omnicolore à tête pâle (Platycercus adscitus) est une des huit espèces du genre Platycercus, qui dans la nature se retrouve en grand nombre dans toute l’Australie.  L’omnicolore à tête pâle se retrouve surtout à l’est de Queensland.  L’on connait une forme nominale et une sous-espèce la P.a. palliceps qui se trouve au sud-est de Queensland et plus au nord l’on retrouve la forme nominale P.a. adscitus.  Cette dernière est aussi appelée l’omnicolore à joues bleues qui est un peu plus rare en aviculture. 
De la palliceps, il existe aussi déjà une mutation panachée.  En plus de la forme nominale et de la sous-espèce, l’omnicolore à tête pâle connait aussi différentes populations, qui au niveau génétique et au niveau de la couleur sont un peu différentes les uns des autres. 
Dans le passé, l’on a réfléchi à différents noms pour ceux-ci mais aussitôt rayés du fait qu’il y avait trop peu de fondement scientifique.



Dans la nature

L’omnicolore à tête pâle se retrouve dans des habitats à large éventail.  Il s’agit d’une espèce sédentaire qui s’arrête sur les terrains agricoles, pans de bois, dans les forêts ouvertes et fermées, les prairies, les régions côtières boisées et même les forêts marécageuses.  Ils se déplacent entre ces différents habitats dépendamment des saisons et de l’offre de la nourriture. 
Ces populations ont eu beaucoup d’avantages par la venue de l’agriculture, surtout les entreprises qui ont cultivé les graines ou qui même produisaient de la nourriture pour les oiseaux.  C’est en petit groupes, par couples ou individus seuls que les omnicolores à tête pâle recherchent de la nourriture au sol, à la recherche de graines d’herbes ou d’insectes ou dans une végétation plus élevée, les fleurs et fruits des arbres.
Les nichoirs se retrouvent souvent à proximité de l’eau ou d’une source stable de nourriture.  Le nichoir est dans un creux d’une branche ou d’un tronc de, par exemple, un Eucalyptus mais aussi dans des piliers (pourris) de clôtures ou d’autres structures en bois.
La compétition entre les oiseaux est parfois très grande.  Les ornithologues Australiens voient souvent les omnicolores à tête pâle se battre entre-elles pour une femelle ou un endroit adéquat.  Les oiseaux se mordent l’un vers l’autre, se donnent des coups et des coups de tête et parfois roulent au sol en se battant !



Logement

Lors du logement de différentes omnicolores à tête pâle, l’amateur doit tenir compte de la territorialité et du comportement agressif des mâles.  Il est donc préférable de les loger séparément par couples sinon des victimes peuvent tomber.  Des couples qui sont logés côte à côte dans des volières peuvent se mordre les doigts à travers le grillage.  Lors de la perte de doigts ou ongles, les mâles peuvent avoir des difficultés pour garder leur équilibre lors de l’accouplement ce qui va donner comme résultat des œufs non fécondés.
Il est conseillé de leur donner une volière extérieure d’une longueur de 3 à 6 m, 1 m de large et de 2 à 2,5 m de haut.  Les meilleurs résultats de reproduction sont obtenus dans de grandes volières.  Les omnicolores à tête pâle sont des oiseaux qui supportent notre hiver et qui vont vite s’habituer à leur nouvel environnement. 
Leur cri est mieux que l’on puisse s’attendre, ce qui fait qu’il est possible de les détenir dans un environnement avec des voisins.  Les nichoirs ont une superficie au sol de 30 x30 cm et 50 cm de hauteur.  Avant la saison de reproduction l’on rajoute un mélange de copeaux de bois et de tourbe, ce mélange ne dessèche pas les œufs pendant la couvaison ce qui donne un meilleur taux d’éclosion.

Alimentation
Une bonne nourriture de base est un mélange de graines de haute qualité pour perruches auquel on va rajouter des fruits et légumes comme du céleri, pomme et carotte.  Ils aiment aussi les mauvaises herbes, les graines d’herbes, les baies et même les chardons mais faites bien attention que ceux-ci n’ont pas été traités aux herbicides.
Les pissenlits et les chardons-Marie sont de très bons suppléments à l’approche et pendant la saison de reproduction.  Les graines germées sont très bien acceptées lorsque le couple élève des jeunes.
Lorsqu’un couple pose des problèmes pour alimenter, ou il y a un grand nombre de jeunes dans le nid, alors les graines germées stimulent à plus nourrir et donc la chance augmente pour que tous les jeunes soient bien nourris.
Les jours de chaleur, mes omnicolores à tête pâle profitent d’un peu de rafraichissement si vous leur donnez une baignoire dont vous devez régulièrement changer l’eau.

L’élevage
Si vous accouplez les omnicolores lorsqu’elles sont très jeunes, vous augmentez plus tard la chance de résultat de reproductions.  Entre l’âge de 18 mois et 2 ans, lorsqu’elles auront leur plumage adulte, elles seront en principe prêtes pour la reproduction.  Les mâles seront alors très territoriaux, surtout pendant la période de reproduction et ils peuvent être agressifs, même envers les femelles ou les oiseaux des volières avoisinantes. 
Lorsque le couple arrive en condition de reproduction, le mâle entre en action.  Il produit un cri aigu et cliquetant, avance la poitrine et ouvre un peu les ailes et se dirige vers la femelle.  Il bouge sa queue de droite à gauche avec les plumes de la queue bien ouvertes.  La cour est un tout irrégulier mais ininterrompu de ces mouvements et sons.
Les omnicolores à tête pâle sont stimulées à la reproduction par les circonstances météorologiques correctes.  Dans la nature, l’arrivée des orages annonce la saison de reproduction, les oiseaux vont alors s’accoupler et rechercher un endroit pour nicher.
Un printemps et été sec va décourager beaucoup de couples pour se mettre à reproduire.  Même s’ils ont déjà des jeunes au nid et qu’une période sèche commence, il est conseillé de contrôler régulièrement si ceux-ci sont encore bien alimentés.
La femelle ponds généralement de 3 à 6 œufs et les couve seule.  Le mâle entre-temps vient la nourrir dans le nid.  Pendant la couvaison, les mâles font un effort supplémentaire pour ne pas être vus lorsqu’ils rentrent dans le nid.  Les œufs éclosent après 19 à 20 jours et encore 28 jours plus tard les jeunes quittent le nid.  Une seconde ponte est très possible.  Lorsque les jeunes quittent le nid ils peuvent avoir quelques plumes rouges sur le front.  Les éleveurs inexpérimentés pensent alors parfois qu’ils ont affaire avec une perruche de Pennant.
Cette dernière décennie, la mutation panachée de cette espèce est fort en vogue.  Via un élevage sélectif il y a déjà des exemplaires spectaculaires qui sont nés.  De temps en temps l’on voit aussi, en Australie, dans la nature, des exemplaires panachés.  Malheureusement ils sont souvent des proies faciles pour les rapaces.



Conclusion
Les omnicolores à tête pâle sont des oiseaux robustes qui ont peu d’exigences au niveau alimentation et logement, ce qui les rend des oiseaux idéaux pour des débutants.  On les retrouve en assez grand nombre en aviculture et sont facilement disponibles.  La joue bleue (forme nominale) est un peu plus rare et plus chère.  Les omnicolores à tête pâle doivent être logés séparément par couples et de préférence à côté d’un couple moins agressif.  Les mâles sont très territoriaux  et deviennent violents lorsqu’ils voient d’autres omnicolores dans le voisinage.  Pour finir, l’omnicolore à tête pâle est une acquisition colorée pour chaque collection d’oiseaux.