Septembre 2019





Par amour pour l’aratinga Yendaya


Parkieten revue: Juillet 2019
Texte: Nathalie Gijbels et Geoffrey Lemmens
Traduction : William Vanbeginne

Tout a commencé il y a quelques années lorsque Geoffrey (mon partenaire) et moi-même avons acheté notre première maison.  Peu de temps après notre déménagement il est arrivé avec une boite de poudre à laver dans laquelle il y avait un petit oiseau en duvet, un aratinga Yendaya m’a-t-il dit.  Je le trouvais tellement laid que je l’ai appelé ET du même nom que la créature provenant de l’espace dans le film.  Je n’étais vraiment pas contente avec cet oiseau qui allait agrandir notre famille, qu’allai-je faire de cet oiseau et qui enferme maintenant un tel animal dans une cage ?  Avant de me connaitre, Geoffrey avait une belle collection de rapaces qu’il détenait avec son père de même que quelques espèces de perruches comme par exemple les perruches de Patagonie mais cela était il y a bien longtemps.  Malgré mes râleries, jour après jour j’ai commencé à apprécier le fait de devoir le nourrir et l’interaction avec cette petite chose.  Je suis allé chercher mes renseignements sur Internet.  Nous l’avons gardé dans une petite couveuse et commencé avec 5 nourrissages par jour alors qu’il était âgé de 4 semaines et ensuite diminué jusqu’à ce qu’il soit totalement sevré à 11 semaines.  J’ai gardé ET seul l’année suivante mais rapidement une copine pour lui est arrivée (perruche soleil) et aussi une perruche Nanday car je trouvais cet oiseau le plus beau que j’avais vu et ainsi, avec un peu de temps un certain nombre d’oiseaux se sont rajoutés.
Comme animal de compagnie, ET volait à travers la maison et souvent aussi au jardin.  L’idée de lui tailler les ailes me posait un problème.  En Belgique et aux Pays-Bas tailler les ailes n’est pas interdit et c’est une manière fort utilisée pour pouvoir prendre un oiseau avec soi dehors de même qu’une manière pour pouvoir les rendre plus « apprivoisés ».  Cette méthode ne m’a jamais vraiment plu et j’ai toujours eu l’idée que cela ne nous convenait pas.  ET profitait comme oiseau de compagnie non taillé d’un grand nombre de libertés mais ceci lui a été fatal un jour.  Nous avions déjà dû précédemment aller le sortir d’un arbre au coin de la rue mais ce jour funeste, cela c’est malheureusement terminé autrement.  Nous venions de sortir au jardin quand un avion est passé au-dessus du jardin mais bas et ET a pris peur et s’est envolé en panique.     


Malgré mes tentatives pendant des mois pour le retrouver, aucun renseignement concernant sa disparition n’a pu le retrouver.


J’avais un trou énorme dans le cœur et je supportais très mal cette perte.  Sur un court laps de temps différentes choses se sont passées.  J’ai décidé de rechercher les parents de mon oiseau disparu et j’ai insisté chez les propriétaires de me vendre ce couple.  Je voulais leur donner une belle volière dans le jardin et j’ai payé avec plaisir beaucoup trop d’argent pour ce couple qui avait quand même déjà quelques années.  Une semaine plus tard, après un coup de téléphone d’une dame, j’ai trouvé une perruche Yendaya apprivoisée dans un arbre, à une heure et demie de notre maison.  J’ai emporté cet oiseau et fortement dorloté mais malheureusement au bout de deux ans j’ai aussi dû le remettre à cause d’un incident fatal dans mon groupe d’aratingas apprivoisés.


Les parents de ET étaient des beau grands et solides oiseaux.  Après les avoir déménagés dans leur première volière extérieure de 3,5 m x 3,5 m x 2,5 m avec un abri de nuit fermé de 1,5 x 1,5 x 2 m, au bout de 3 mois ils avaient leur première ponte.  Totalement inexpérimentée je commençais cette aventure.  C’était mon premier couple reproducteur et de plus il s’agissait d’oiseaux assez peureux.  A ce moment-là, ils étaient âgés de 14 ans et avaient toujours été logés dans une cage intérieure.  J’avais demandé au propriétaire précédent de me donner leur nichoir et c’est ce que nous faisons encore toujours lors de l’achat d’un couple reproducteur plus âgé.  Je crois que le déménagement du nichoir qu’ils connaissent bien favorise le fait que les oiseaux s’habituent mieux à leur nouvel environnement.  Ils nous ont donné 3 beaux jeunes d’une ponte de 4 œufs après un temps de couvaison de 25 jours.  Un œuf était non fécondé.  Ils ne manquaient certainement pas d’expérience et sont arrivés à ce que les jeunes quittent le nid au bout de 10 semaines.


Après qu’ils aient quittés le nid nous avons pu voir que les parents nourrissaient toujours les petits  J’ai passé des heures dans ma chaise de jardin à les tenir à l’œil et à surveiller comment les petits faisaient leurs premières tentatives pour quitter le nid.  J’ai enlevé les 3 jeunes des parents à 12 semaines.  J’ai fait cela car j’ai promis un jeune à une connaissance et que j’ai décidé de garder pour moi les deux autres jeunes dans mon groupe d’oiseaux apprivoisés.  Le jour après que j’ai enlevé les jeunes des parents, j’ai vu que la femelle avait arraché les plumes de ses pattes et elle donnait l’impression d’être très nerveuse.  Par la suite je n’ai plus jamais fait cela.  Nos jeunes restent au moins 10 mois avec les parents afin qu’ils puissent nourrir encore les poussins le temps qu’ils pensent nécessaire et ainsi élever des jeunes sains de corps et d’esprit.

La seconde raison pour laquelle je laisse les poussins aussi longtemps avec les parents c’est que je ne veux pas que nos couples commencent à se reproduire en hiver.  Nous avions ce problème précédemment avec le couple de Yendaya car au début je chauffais l’abri de nuit pendant les mois d’hiver.  Le résultat était des pontes les unes après les autres avec à chaque fois des œufs desséchés car le degré d’humidité n’était pas optimal.  Cela aussi j’ai dû l’apprendre en faisant des erreurs.
Chez nous, une ponte par an est suffisante.  Nos oiseaux vivent maintenant au rythme des saisons et depuis lors nous n’avons plus eu d’œufs pendant la période d’hiver.  Cela veut aussi dire que les oiseaux n’ont plus de lumière supplémentaire dans leur abri fermé et ils n’ont que la lumière effective de la journée.  En hiver les journées sont donc très courtes pour eux et les nuits le double de longueur qu’en été.  Si la température descend en dessous des zéro degrés durant la nuit alors nous rajoutons un petit chauffage électrique chez les oiseaux mais uniquement pour veiller que la température reste positive dans l’abri de nuit.


Ce qui m’intrigue chez les Yendayas c’est leur caractère intrépide et malin.  En règle générale ils sont plus agressifs que les autres espèces d’aratingas de mon groupe apprivoisé.  Ainsi, les Yendayas se placeront toujours au-dessus du reste du groupe et ce n’est parfois pas facile d’éviter des disputes dans un groupe plus important.  Quand je ne suis pas présent, mon groupe de 10 oiseaux doit être séparé en 2 groupes de 4 et un de 2.  Lorsqu’ils sont libres dans la chambre, je suis souvent présent assis sur ma chaise et j’étudie leur comportement l’un envers l’autre.  Je trouve mes oiseaux extrêmement fascinants et j’apprends beaucoup de chose à les observer.  Ainsi, je peux, par exemple, suite aux sons qu’ils émettent déduire si tout va bien dans le groupe, le moment où il y a une confrontation, s’ils voient un oiseau de proie et ce style de situation et de n’importe quel endroit que je sois dans la maison.  Depuis leur chambre ils peuvent aller directement vers leur volière extérieure de 3 m de long x 1,5 m de large et 2,2 m de haut.  Personnellement je ne choisirais pas de placer un groupe de Yendayas sauvages en colonie, je préfère garder cette espèce par couples.

Ce que je remarque à nouveau chaque année c’est que certains de mes oiseaux ont pendant l’été le cercle des yeux totalement noir alors que d’autres pas du tout.  Mon vieux couple garde tout le temps le cercle de l’œil blanc, que ce soit en été ou en hiver mais certains de leurs jeunes ont ce cercle en été d’un noir profond et c’est magnifique !  Ceci s’atténue quand l’hiver commence.  Je pars du principe que le pigment se colore plus foncé par le soleil bien que j’aie déjà vu des photos de jeunes qui sont sortis de l’œuf avec ce cercle totalement noir.  Certains disent que cela est relation avec la nourriture.  J’ai un jour posé la question à Howard Voren car il avait écrit un article sur les Yendayas avec le cercle de l’œil noir et il était convaincu qu’il s’agissait d’une nouvelle sous-espèce qu’il avait rencontrée dans la jungle au Brésil.  Malheureusement je n’ai jamais reçu réponse de sa part car une semaine après que j’ai envoyé mon mail j’ai lu qu’il était décédé.  De même l’on voit souvent des Yendayas avec quelques plumes jaunes dans les ailes et sur le dos.  Cela ne veut pas directement dire que ces oiseaux ont été croisés avec des perruches soleils.  Je fais attention à la pureté de la race des Yendayas, d’abord le ventre d’un rouge profond et puis le front jaune.  Ceci est pour moi les bases les plus importants.


Avec les années nous avons agrandi terriblement notre hobby.  D’autres espèces de perruches Sud-Américaines se sont ajoutées comme la conure à tête d’or, conure pavouane, conure à tête bleue, psittacara finshi, psittacara mitrata, eupsittula aurea, eupsittula p. pertinax, aratinga solsistialis, aratinga nandaya, eupsittula canicularis et depuis peu même un jeune couple d’aratinga nana aztec.  En plus de ces espèces nous avons encore quelques espèces de Pyrrhuras comme les griseipectus, emmas, roseifrons et melanura souancei.  Ceci c’est passé après notre déménagement vers notre nouvelle maison quelques années plus tard.  Nous voulions déjà depuis longtemps aller habiter plus grand et cette location convenait mieux pour les activités de mon mari qui travaille comme aménageur paysager de même que pour nos oiseaux.

A ce nouvel endroit nous avons fait construire une volière avec une superficie totale de 12 x 7 m avec six volières de 1,5 m de large sur 4 m de long et 2,2 m de haut.  L’abri de nuit est fait de panneaux sandwich, la volière d’aluminium laqué noir et de treillis galvanisé de 19 x 19 mm.  Nous avons encore monté une volière seule divisée en deux parties de 3,5 m x 2,5 m x 2,5 m et 1,5 m x 1,5 m x 2,5 m.  Nos volières ont une partie intérieure et extérieure.  Nous nourrissons toujours à l’intérieur de telle manière que les oiseaux n’aient pas de vermine dans leur mangeoire pendant les mois chaud d’été.  De même les nichoirs sont pendus dans la partie intérieure, seul dans les grandes volières colonie il y a plusieurs nichoirs à l’extérieur pendant la période d’été.  Nos oiseaux ne sont pas isolés les uns des autres et voient leurs « voisins » dans les volières voisines bien que entre chaque volière il y a du double grillage pour éviter les blessures ou les doigts coupés.  Actuellement nous construisons encore 3 volières de 4 m de long x 1 m de large x 2,2 m de haut et 2 plus petites de 2 m de long x 1 m de large x 2,2 m de haut afin d’avoir la place pour laisser reproduire quelques jeunes couples supplémentaires.  De cette manière, nous espérons dans le futur de pouvoir constituer plus souvent nous-même de jeunes couples avant qu’ils ne partent vers un nouveau propriétaire.

Nos oiseaux peuvent sortir chaque jour.  Nous gardons des heures bien précises afin d’éviter des incommodités à nos voisins.  Pendant la période estivale, les oiseaux peuvent sortir vers 9 h le matin et vers 20 h nous les renfermons pour la nuit.  En hiver cette période est raccourcie à 16 h dans l’après-midi.  Lorsque la nuit tombe, les oiseaux rentrent d’eux-mêmes.  Ils restent rarement une journée à l’intérieur, il faut qu’il gèle vraiment fort ou si l’on prévoit un temps vraiment mauvais alors nous les gardons à l’intérieur.
Presque toutes nos espèces d’aratingas dorment dans un nichoir fixe qui est employé aussi bien pendant qu’en dehors de la saison de reproduction.  Nous n’enlevons jamais les nichoirs car ces oiseaux vivent dans la nature aussi toute l’année dans les arbres ou les fentes de rochers.  Nous essayons ainsi d’imiter et d’approcher le plus possible le comportement naturel.  Enlever le nichoir pour ainsi essayer d’éviter des œufs n’est pas à conseiller chez ces espèces, je trouve.  Les manières qui ont été décrites plus haut sont pour moi personnellement très effectives.


Nous nourrissons nos oiseaux de manière étendue aussi bien en hiver que pendant la période de reproduction.  Ils mangent chaque jour un mélange de graines de propre composition qui est très complet auquel nous rajoutons les pellets Psittacus high proteïne.  Dans ces produits je commande les boulettes un peu plus grandes d’environ un demi-centimètre de diamètre car les oiseaux aiment bien prendre leur nourriture dans leurs petites pattes pour manger.
Ces pellets sont de plus sans colorants ajoutés.  La plus petite mesure n’avait pas autant de succès, ils ne les mangeaient pas aussi bien.  En plus de cela, ils reçoivent quelques noix par volière.
Nos oiseaux préfèrent les noix de Grenoble, les noix de cajous et les amandes.  Certains de nos oiseaux aiment bien les nutri berries, ce sont de petites boulettes faites de graines et de fruits séchés mais ils sont relativement chers à l’achat.
En plus de la nourriture sèche nous leur offrons chaque jour de la nourriture humide sous la forme de fruits, graines germées ou des légumes.  Nos oiseaux mangent 3 jours à la semaine des fruits, un jour des graines germées et les autres jours des légumes.  Comme ce n’est pas toujours facile d’arriver à avoir des légumes, j’ai déjà essayé différentes choses.
Ainsi dans le passé je leur ai préparé du « chop » où différents légumes crus étaient hachés finement mais chez moi cela n’a vraiment pas été un succès.  Généralement je cuits les légumes comme du brocoli, des fèves vertes, du choux fleur, des choux de Bruxelles, de la patate douce et je rajoute à cela du riz brun cuit ou des pâtes complètes.
Souvent je rajoute encore une petite cuillère d’huile de palme et cela est fort apprécié par nos oiseaux.
Parfois je mets à tremper des fèves blanches ou des pois chiches pendant 8 heures et ensuite je les cuits pendant 40-45 minutes et je rajoute un peu de pâtée à l’œuf.
En été, en plus de leur nourriture journalière nos couples reçoivent des fruits en extra et de la pâtée pour insectivore ou des vers de farines.  Ceux-ci nous les achetons congelés et nous les laissons décongeler une demi-heure.  C’est une vraie friandise pour eux !
 Nous rajoutons de l’avoine, des graines de lin, du chanvre, des « rozebottel » et quelques baies séchées à notre pâtée à l’œuf et tout ceci est donné avec les graines germées.
Tout ceci pour amener nos oiseaux en condition optimale pour la période de reproduction.

A suivre